09 juillet 2009

Santé !

On prétend que pour manger 5 fruits et légumes par jour, aujourd'hui, il n'y a pas le choix, vu qu'il faut au moins une heure pour éplucher une pomme et que le kilo de carottes coûte une fortune, il faut consommer des smoothies. Le smoothie, je ne vais pas vous refaire un reportage de Capital, c'est un bon moyen pour vendre des jus de fruits le triple de leur prix en ajoutant un peu moins d'eau dans la recette et en repensant le packaging (ce dernier point semblant jusqu'à présent avoir empêché les marques luxembourgeoises de se lancer sur le marché). En attendant dans quelques années le forfait fruits, qui, pour 20 € par mois, vous assurera l'approvisionnement quotidien en vitamines sur votre iPhone 4° génération, il y a pourtant une autre solution peu vantée par les médias...

L'apéritif :

  • Un bol d'olives : +1. Si vous les choisissez fourrées au poivron et à l'ail, ça peut même faire +3.
  • Une poignée de cacahuètes : +1 (le fruit de l'arachide peut également être remplacé ou accompagné par des pistaches, des noix de cajou, des raisins secs...)
  • Un verre de Ricard : +3 (fenouil, réglisse ou fruit de la badiane selon la marque, anis étoilé)
  • Un sachet de chips : +1

Si mes comptes sont bons, ça fait déjà du 8 fruits et légumes dans la soirée. Si vous ne vous contentez pas d'un seul verre, là c'est carrément le banco. Et en plus c'est de saison !

Reste plus qu'à trouver comment pratiquer une activité physique régulière sans sortir de son fauteuil.

08 juillet 2009

Bague à part

Pour me remettre à mes chroniques, je suis repassé en mode « recherche d’un sujet » depuis le début de la semaine. Je n’avais rien trouvé jusqu’à ce soir, où j’ai eu la révélation pendant que je maudissais une caissière qui s’obstinait à faire avancer le tapis roulant alors même que je n'arrivais pas à tenir la cadence pour répartir convenablement les provisions dans mes sacs Valorlux : depuis quelques temps, les femmes portent des bagues au pouce. Comme si elles n’avaient pas assez de place sur les 8 autres doigts de leurs mains pour exposer leur fortune. J’ai l’impression que c’est une mode assez récente, à peu près simultanée à celle aussi étrange des bagues d’orteils. Renseignements pris auprès de mon épouse, en Belgique en tout cas, ça fait longtemps que cette pratique existe. Des hommes seraient aussi adeptes de la pratique (avec une chevalière, ça doit donner un style snob-décalé). Disons donc dans que je ne suis pas passé à côté des bons pouces au bon moment. Ou que je n’y ai pas fait attention. En tout cas, c’est comme ça pour aujourd’hui, pas de Mickael Jackson ni de Lance Armstrong, même pas de Jean-Claude Juncker. Il sera question des pouces et des bagues.

Première question : comment faites-vous ? J’ai essayé avec mon alliance : ça ne passe pas. Pourtant, ça ferait assez classe de lever le pouce, à la Jules César, au moment de l’échange des consentements. Mais non. Il me semble que le pouce humain présente un renflement entre la première et la deuxième phalange qui le rend assez peu approprié à l’enfilement d’un anneau métallique. Et quand bien même on y arriverait, la question reste entière pour retirer l’engin si un jour, par hasard, on en a marre ou qu’on souhaite passer un portique d’aéroport sans se couper la main.

Seconde question : pourquoi faites-vous cela ? C’est un code, un signal secret ? C’est pour avoir une bonne excuse pour ne pas faire la vaisselle ? On attend moins longtemps quand fait du stop ? C’est grâce à cet anneau aimanté que vous retrouvez en moins de vingt minutes des clés d’appartement dans votre sac à main ?

Troisième question : quelle est la prochaine étape ? En toute logique, ça devrait être la bague au gros orteil. Que ceux qui partiront à la plage cet été ouvrent l’œil…

15 juin 2009

Le Cure Dent


La cité judiciaire a véritablement donné le point de départ à un grand vent de folie et de renouveau dans le domaine du mauvais goût architectural au Luxembourg, par delà le fossé qui séparait encore la vieille ville du Kirchberg, où verre, béton et acier se conjuguent déjà sous toutes les formes possibles, de la plus sobre à la plus prétentieuse, de la plus réussie à la plus hideuse. En attendant la Cloche d'or et Hollerich, c'est Bonnevoie qui concentre en ce moment les expérimentations, le front du boulevard d'Avranche offrant une ligne visible depuis des kilomètres, ce qui doit certainement exalter l'imagination des architectes. Là, c'est le nouveau bâtiment de HSBC qui vient d'être terminé, avec une touche finale à laquelle il fallait penser : un cure-dent géant en acier inoxydable, d'une bonne vingtaine de mètres de haut.
On peut évacuer toute motivation esthétique. Il faut donc trouver à l'objet soit une signification symbolique (un pal où devraient s'embrocher les 10% des effectifs dont la direction de la banque vient d'annoncer vouloir se séparer ? un SCUD prêt à décoller comme les placements des clients ?), soit une fin fonctionnelle, mais n'aurait-il pas été plus simple de placer le paratonnerre directement au-dessus du toit plutôt que devant la façade, quitte à réduire ses dimensions ?
A moins que ce ne soit, simplement, le résultat d'un pari (gagné) du bureau d'architecte qui devra maintenant faire encore plus fort et proposer, pour les nouveaux bâtiments dont il aura la charge, un ornement à base de coton-tige géant en cuivre, de cuillère dorée surdimensionnée ou de thermomètre en PVC.