Tous des cons - épisode 1
Commençons ici l'exploitation d'une source d’inspiration inépuisable... avec ce premier post d'une peut-être longue série. Il y a deux ans j'avais commencé à prendre des notes, en espérant peut-être un jour en faire un livre mais reconnaissons qu'il est certainement plus réaliste de les recycler dans mon petit blog, et tant pis pour le hors sujet. En ouverture, voici John, Américain en voyage organisé.
Vous êtes en vacances. Vous rentrez d’une randonnée à travers la forêt tropicale du Costa-Rica. Vous mangez tranquillement un mixed-grill à la terrasse de votre hôtel, en admirant les coulées incandescentes de lave qui dégoulinent de temps en temps du volcan en face de vous. Vous discutez avec une charmante jeune femme avec laquelle vous avez le plaisir de partager à la fois votre table, votre mixed-grill, vos vacances et votre vie. On peut donc parler d’une bonne soirée. Et c’est à ce moment qu’un car de cinquante touristes entre dans le restaurant. Des retraités. Bruyants. En short. Américains.
Bon, vous n’avez rien contre les voyages organisés, même si tous les membres du groupe ont plus de 70 ans, même s’ils portent des chaussettes de tennis remontées jusqu’à leurs genoux cagneux, même s’ils sont américains et même s’ils se chamaillent pour savoir qui va devoir s’asseoir aux places qui tournent le dos au volcan. Vous pouvez même trouver amusant le cinquante et unième passager de l’autocar, qui arrive en sifflotant, cinq minutes plus tard. Il fait le tour des tables de son groupe et, comme visiblement c’est le play-boy de la maison de retraite, il remporte un certain succès. C’est la star du groupe et il faut que cela se sache.
C’est au moment où il vous assène une grande tape dans le dos en vous demandant bien fort : « Hey ! Do you speak English ? », que vous vous dites que, oui, il existe des gens assez cons pour mériter un post dans votre blog.
La moindre de vos réponses, même lancée le plus froidement possible, est alors ponctuée d’exclamations de surprises, de claquements de doigts, de mains sur l’épaule et de rires à pleines dents (fausses). Il faut dire qu’il est particulièrement étonnant que vous ayez à peu près l’âge de ses petits enfants ou que vous puissiez venir d’un pays aussi incroyable que la France et qu’il est franchement dingue que vous parents aient choisi un tel prénom.
Quand il vous demande, en quatrième question, pourquoi vous avez choisi de faire du tourisme au Costa-Rica, vous regrettez de ne pas savoir comment dire ‘va te faire foutre’ en anglais, en étant ni trop grossier ni trop poli. Mais vous recommencez sans scrupule à manger votre viande maintenant froide, sans même daigner répondre à sa grande interrogation : Quand est-ce que vous mariez avec cette charmante femme à côté de vous ?
En repartant vous coucher, vous prenez soin de consulter le tableau blanc dans le hall, où est affiché le programme du lendemain de la joyeuse compagnie des octogénaires, afin d’éviter de tomber sur votre nouvel ami au petit déjeuner. Et c’est avec une certaine satisfaction que vous noterez que le rassemblement des troupes est prévu à six heures du matin, avec une première pause pipi au bout de trois heures d’autocar.
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