26 juin 2006

Bonne conscience culturelle

C'est certainement une vision assez négative de parler de présenter l'ouverture du Mudam comme la volonté de la ville de s'offrir une bonne conscience culturelle (à 88 millions d'euros quand même) mais c'est comme cela que le musée Grand Duc Jean est aussi présenté dans les discours officiels : Luxembourg, ce n'est pas que les banques, le tango argentin d'Arcelor, l'affaire Clearstream, le tabac et l'essence bon marché. Non, Luxembourg c'est aussi un musée construit par un célèbre architecte, juste à coté d'une toute nouvelle Philharmonie, derrière de toutes nouvelles tours de l'Europe, qui sera à 2h30 de Paris grâce à un futur tout nouveau TGV, voire encore moins grâce au tout nouvel aéroport.


Mais ne crachons pas dans la bouneschlupp ! C'est plutôt une bonne idée de consacrer l'argent du contribuable à des institutions culturelles plutôt que dans des pistes de ski artificielles ou un circuit de Formule 1. Alors, merci au Grand Duc Jean et puis, après tout, on a bien des voisins qui se sont donnés une bonne conscience coloniale il n'y a pas si longtemps...

Alors, à partir du 1° juillet, gratuitement jusqu'au 9, les amateurs d'art contemporain et les bobos lulus auront un nouveau lieu pour admirer des oeuvres plus ou moins hermétiques de Daniel Buren, Andy Warhol ou Claude Closky, dans une exposition qui s'intitule, Luxembourg oblige, "Eldorado"(mais on aurait aussi pu choisir "la ruée vers l'or" ou "et pour quelques dollars de plus").

Et, en parlant d'hermétisme, je vous livre en conclusion un extrait du dossier de presse, à peine caricatural dans ses excès d'intello-parisianisme :
"Dans cette exposition, rien n’est perceptible d’un objet à l’autre ; aucun indice visuel ne nous permet de les identifier en particulier. Bien sûr, on peut imaginer que dans un musée tout soit évidemment identifié à l’art ; comme si l’intitulé du bâtiment légitimait son contenu naturellement, comme si la notion d’œuvre était la conséquence d’un point de vue unique.
Ce n’est pas certain.
"

Si vous le dites.

1 commentaires:

Vincent a dit…

L'aspect parisien est "presque" obligé: le Mudam est dirigé par Marie-Claude Beaud, qui a auparavant officié à la fondation Cartier ;-)

En même temps, on peut lui pardonner ce vocabulaire, elle n'a pas eu la vie simple pour monter le musée! Voir l'interview ici: http://www.paperjam.lu/c/articles/864.html