20 juillet 2006

Où trouve-t-on les vrais gens ?

C'est dingue le nombre d'émissions avec de vrais gens dedans. Avant c'était principalement limité au journal de 13h et aux micros-trottoirs. Style, comment faire des émissions d'une demie heure en dépensant 12 euros et sans s'embêter à payer des journalistes qui vont vouloir s'envoler au Liban ou en Irak alors qu'il y a un PMU super typique en bas du bureau.

Maintenant, on ne compte plus les concepts centrés sur "monsieur tout le monde". Je me rappelle des avis lancé par "la Grande Famille", dans les années 90 sur Canal+ en France. L'émission de Denisot recherchait tout le temps des cas précis, "vous avez 40 ans et vous vivez encore chez vos parents" ou ce genre de thème, pour construire des témoignages. Là, c'était crédible. Idem, quand il y a quelque chose à gagner au bout, style Loft Story, on veut bien croire que "les gens" se ruent pour faire partie du casting. Mais quand vous voyez certaines émissions, on se demande où les réalisateurs vont bien chercher tous ces vrais gens:

  • Le cas le plus flagrant, c'est évidemment "Ca va se savoir". Une émission qui est au témoignage ce que le catch est à la boxe. Des individus viennent annoncer à leur conjoint devant le monde entier (enfin, la portion de privilégiés qui captent RTL9) qu'ils les trompent depuis 2 ans avec leur frère, leur soeur ou leur professeur de Jiu Jitsu. Et à ce moment précis le professeur de Jiu Jitsu rentre. Il avoue qu'en fait ce n'est pas grave et que c'est juste sexuel parce que la femme lui a avoué que son mari ne la touchait plus depuis qu'il avait découvert les joies du Sudoku. Le ton monte. Le public siffle. Les protagonistes se tapent dessus. Le présentateur appelle les vigiles. On passe au couple suivant. Les acteurs sont suffisamment mauvais pour que personne n'y croit, un peu comme au catch. Mais ce qui est dingue c'est le public dans la salle. Là, ce sont vraiment des vrais gens. Enfin, je crois.
  • "Strip Tease". Ca c'est d'un autre niveau que "Ca va se savoir", OK. Mais le mystère reste entier : où est-ce que les réalisateurs vont chercher les gens qu'ils filment ? Peut-être dans le public de "Ca va se savoir" ? Mais ça fait 20 ans que ça dure, alors il a fallu en dénicher des adeptes de méditation transcendentale à Charleroi, des paysannes malgaches dans le Loiret et des pères qui veulent faire de leur gamin de 4 ans un champion de moto-cross ou un torero.
  • Après, il y a toujours le désolant "Ca se discute, jour après jour" qui ne vaut pas bien mieux que les défunt "perdus de vue" ou "c'est mon choix" ou les toujours vivants "île de la tentation", "super nanny" et "Koh Lanta". Mais là c'est facile, me direz vous, il est bien évident qu'on fait des castings. Oui, sauf que comment on attire les gens dans ces castings, c'est encore le mystère. A moins d'être chômeur de longue durée, il ne me viendrait pas à l'idée de me taper 2 heures de train un mardi matin pour aller faire 3 heures de queue devant un entrepôt en banlieue parisienne pour espérer avoir une infime chance de m'en prendre plein la figure devant des caméras de télé. Si possible, en me prenant des reproches parce que je n'élève pas correctement mes enfants ou que je ne fais pas rêver ma femme en l'emménant pêcher l'espadon dans les mers du sud.

Ceci dit, raconter sa vie sur un blog, ça relève aussi un peu de l'exhibitionnisme.

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