28 juin 2006

Le quartier du Grund

Une impressionnante descente par une rue pavée (la "Bisserwee") ou un ascenseur pour les moins courageux vous méneront au Grund, "ville basse" de Luxembourg. A moins que vous n'arriviez par la piste cyclable du Pulvermühl ou par Clausen. D'ailleurs, il y a un loueur de vélos juste à côté du Scott, très sympa pour un dimanche ensoleillé. En effet, le Grund est un quartier ancien, qui bénéficie de la proximité des fortifications de la ville et du passage de l'Alzette, ce qui contribue à son charme mais également à l'humidité qui a l'air de bien imprégner tout le quartier. Quand il fait chaud, c'est un plaisir de boire un coup à une terrasse, d'autant qu'il y a de nombreux cafés. Et après l'apéritif, vous pouvez rester sur place pour un repas à plus ou moins bon marché : le Kamakura est certainement le meilleur japonais de la ville, et le Mosconi, soit-disant le meilleur restaurant du pays, en tout cas d'après le guide Michelin, malheureusement aussi un des plus hors de prix et des moins sympathiques.


Le Grund est particulièrement agréable à mes yeux car c'est un des rares quartiers de la capitale qui fasse vraiment vivant : pas de grands immeubles qui se remplissent à 8h pour se vider à 18h, pas de banque (sauf la Chase Manhattan, qui a su rester discrète), des petits commerces, des maisons différentes du stéréotype "toit noir, larges fenêtres en alu à volets roulants, garage au rez-de-chaussée" et même des animations culturelles : blues and jazz rallye en juillet, DJ pour la fête nationale, concerts organisés par l'abbaye de Neumunster ou par les cafés du quartier. Et ceci, en plus, grâce à une réelle volonté politique. Bref, le Grund c'est bien. Sauf peut-être pour le type qui habite la toute petite maison adossée à la roche et dont la chambre doit faire moins de 5 mètres carrés, avec le rocher en guise de mur de fond.

En poussant un peu plus loin, sur la gauche après avoir traversé le pont, vous arrivez à Clausen, où l'arrêt à la Mousel Cantine réjouira les plus grands adorateurs du Dieu Cochon venus en pélerinage au Grand-Duché. Le jarret entier servi avec des fèves des marais et de la bière non filtrée dans des bocs en terre cuite est à lui seul une justification de l'expression par ailleurs un peu abusive de "gastronomie luxembourgeoise". Clausen, qui est vraiment à 2 pas du Grund, offre également un resto à hamburgers sympa (Maybe Not Bob's), des pubs anglais, irlandais ou écossais et le Melusina, pour tenir jusqu'au bout de la nuit avant de repartir par l'impressionnante montée de la rue pavée ou - plus utile dans ce sens là - le fameux ascenseur.

26 juin 2006

Bonne conscience culturelle

C'est certainement une vision assez négative de parler de présenter l'ouverture du Mudam comme la volonté de la ville de s'offrir une bonne conscience culturelle (à 88 millions d'euros quand même) mais c'est comme cela que le musée Grand Duc Jean est aussi présenté dans les discours officiels : Luxembourg, ce n'est pas que les banques, le tango argentin d'Arcelor, l'affaire Clearstream, le tabac et l'essence bon marché. Non, Luxembourg c'est aussi un musée construit par un célèbre architecte, juste à coté d'une toute nouvelle Philharmonie, derrière de toutes nouvelles tours de l'Europe, qui sera à 2h30 de Paris grâce à un futur tout nouveau TGV, voire encore moins grâce au tout nouvel aéroport.


Mais ne crachons pas dans la bouneschlupp ! C'est plutôt une bonne idée de consacrer l'argent du contribuable à des institutions culturelles plutôt que dans des pistes de ski artificielles ou un circuit de Formule 1. Alors, merci au Grand Duc Jean et puis, après tout, on a bien des voisins qui se sont donnés une bonne conscience coloniale il n'y a pas si longtemps...

Alors, à partir du 1° juillet, gratuitement jusqu'au 9, les amateurs d'art contemporain et les bobos lulus auront un nouveau lieu pour admirer des oeuvres plus ou moins hermétiques de Daniel Buren, Andy Warhol ou Claude Closky, dans une exposition qui s'intitule, Luxembourg oblige, "Eldorado"(mais on aurait aussi pu choisir "la ruée vers l'or" ou "et pour quelques dollars de plus").

Et, en parlant d'hermétisme, je vous livre en conclusion un extrait du dossier de presse, à peine caricatural dans ses excès d'intello-parisianisme :
"Dans cette exposition, rien n’est perceptible d’un objet à l’autre ; aucun indice visuel ne nous permet de les identifier en particulier. Bien sûr, on peut imaginer que dans un musée tout soit évidemment identifié à l’art ; comme si l’intitulé du bâtiment légitimait son contenu naturellement, comme si la notion d’œuvre était la conséquence d’un point de vue unique.
Ce n’est pas certain.
"

Si vous le dites.

25 juin 2006

Fête Nationale

Je pense l'avoir déjà abordé dans une chronique précédente, le 23 juin est la date de la fête nationale du Luxembourg pour une excellente raison, bien meilleure que toutes les prises de la Bastille ou autres ré-unifications ou déclarations d'indépendance. Le 23 juin a été choisi parce que c'est un jour où les probabilités qu'il fasse beau sont maximales.


Quand on voit le budget qui est investi dans l'énorme, le monumental, que dis-je, le gigantesque feu d'artifice, on se dit que c'est la moindre des choses de faire en sorte qu'il ne se transforme pas en une salve de pétards mouillés.

Cette année, comme depuis quelques années, il a été tiré du Pont Adolphe, ce qui le rend difficile à admirer, à moins d'avoir un penthouse avec vue sur la vallé de la Pétrusse (ce n'est pas mon cas) car, justement, la dite vallée est fermée au public. Il paraît que ce n'était pas le cas avant mais que des retombées de flammèches ont causés des incidents assez graves, y compris avec des enfants en bas âge. Du coup, il faudrait peut-être tirer le feu d'un autre endroit, un peu plus surélevé, non ? Il me semble d'ailleurs avoir déjà vu un feu d'artifice tiré depuis les "3 glands" ce qui semble effectivement une bonne idée.

En attendant, il y avait de la saucisse et de la bière, et même des Gromperekichelcher, alors c'est le principal. Et puis c'est aussi l'occasion de voir d'autres drapeaux que ceux accrochés aux fenêtres des Portugais, Suédois, Allemands, Espagnols ou Anglais, en ces jours de coupe du monde...

21 juin 2006

Petite attention

J'ai vu hier midi, au restaurant l'Auberge, devant la gare de Colmar, une petite attention qui fait plaisir : dans les toilettes pour messieurs, il y a 3 urinoirs. Au dessus de chacun de ces urinoirs, est punaisée une page du journal, histoire d'avoir un peu de lecture pendant qu'on vaque à ses occupations (et de pouvoir faire autre chose que fixer bêtement le mur ou essayer de dégommer le petit poil collé à la faïence).

Le seul problème c'est que ce sont 3 pages différentes du journal qui sont proposées et que cela complique donc un peu l'algorithme du choix de l'urinoir, selon que vous vous intéressez plutôt à la politique étrangère, à la coupe du monde ou au championnat des plus gros mangeurs de choucroute du Haut Rhin. Si la place la plus à gauche est déjà occupée, vous aurez naturellement tendance à prendre celle de droite, mais s'il y a une analyse sur les chance de la France de gagner la coupe du Monde au dessus de la place du milieu, vos instincts naturels seront contredits par la perspective d'un tel article (et les hommes savent qu'il serait assez malvenu de prendre l'urinoir de droite en essayant de lire l'article du milieu : tourner le regard vers quelqu'un d'autre dans ce genre de situation, ça ne se fait pas vraiment).

Pas de photo pour illustrer cet chronique. Faut pas pousser.

20 juin 2006

Boire un coup à Luxembourg

Interview Luxembourg Après les piscines, les bars... par ces chaleurs accablantes où les tongs ont remplacé les bottes, avec aussi peu de mesure que la canicule a remplacé le froid polaire, voici une petite chronique sur les bars de Luxembourg, classés non par ordre de préférence, mais plutôt par "famille":

  • Pour jouer au touriste et prendre un verre sur la place d'Armes, dans le centre ville, en écoutant une fanfare massacrer "strangers in the night" ou le générique de la guerre des étoiles : le Banana's, le Café Français, le Grand Café, le Café de Paris, le Chi-chi's ou les inévitables Mac-Do et Quick. Rapport qualité/prix moyen. Mais ça dépend surtout du niveau de la fanfare, car il arrive quand même qu'elles jouent très bien !
  • Dans la catégorie boire et être vu : le VIP, le White, le Cat club, le Marx. Ambiance hype, costard et gros billets. Dans le temps, j'aimais bien le Marx le jeudi car ils organisaient des dégustations vins et fromages. Je ne sais pas si c'est encore le cas.
  • Après une sortie culturelle au théâtre, à la cinémathèque ou à l'Atelier : O'bar (musique dance), Art café, Vis-a-vis, Elevator (musique rock), Bronx (musique très rock, public assez typique, juste au dessus du Marx dans un genre diamétralement opposé), art-scène (derrière le palais Grand-Ducal, souvent de la musique live).
  • Pour une bière dans une ambiance vraiment "couleur locale" avec des autochtones en train de jouer aux quilles (le sport national du Luxembourg, malheureusement non homologué par le CIO) : Grenge eck, Ro'den eck, Gielen eck, Millewee, Kaelerstuff, Lelligerstuff, Sandweilerstuff, Am duerf, Hollerecher stuff, Neiduerferstuff... le choix est vaste, à travers tout le pays. Je ne suis pas un spécialiste mais on les reconnaît assez facilement à leur façade extérieure, à leur enseigne Diekirch ou Mousel et au "stuff" dans le nom (sauf pour le "Black Stuff" qui est un pub irlandais).
  • Pour boire son café en lisant le journal du jour, dans une ambiance sereine ou animée, entouré de travailleurs, de frontaliers ou de lycéens, selon l'heure à laquelle vous arrivez : Interview (près de Hamilius), Bar Café (près de la Gare), Books and beans (avenue de la Liberté, très bon expresso et beaucoup de lecture !)
  • Pour un voyage de 20 minutes à Lisbonne sans passer par l'aéoroport : Café Benfica, Figueirense, Café des sports et l'incontournable Baccano avec ses scampis frits dans l'huile et l'ail (recette : beaucoup de scampis, beaucoup d'huile et encore plus d'ail). Du fait de l'immigration, on trouve aussi beaucoup de restos italiens et, curieusement, énormément de restos chinois (y compris dans les plus petits villages, perdus au fin fond de l'Osling).
  • Pour les matches de foot et de rugby dans une ambiance britannique : Pygmalion, Britannia (les 2 sont en face l'un de l'autre, à Clausen) ou le Black Stuff (au Pulvermühl, sur la route de l'aéroport).

Personnellement, j'ai une très bonne expérience des bars luxembourgeois, vu que c'est dans l'un d'eux, qui a fermé depuis, que j'ai rencontré ma chérie (une partie de quilles endiablée ? un match Arsenal - FC Porto ? une soirée consultants et champagne ? devinez...). Si vous êtes célibataire, je vous recommande donc, en fonction de vos préférences, de fréquenter l'une ou l'autre des catégories ci-dessus (ou le conquest si vous êtes de l'autre bord).

Si vous rentrez bredouille et que vous êtes au taquet, vous pourez toujours vous risquer aux cabarets de la rue du fort Neipperg... ambiance glauque assurée.

16 juin 2006

Le quartier du Limpertsberg

Le Limpertsberg est un quartier résidentiel juste au nord de la vieille ville. Légèrement en voie de Kirchbergisation depuis que les cabinets d'experts comptables remplacent les cafés...
Le Limpertsberg commence par un grand parking, le Glacis, qui a l'honneur d'accueillir les cirques de passage mais aussi et surtout la Schueberfouer. Cette énorme fête foraine est en général détestée par les gens du quartier parce qu'il est alors impossible de se garer en bas de chez soi, et la circulation, le bruit et les odeurs de gaufre et de saucisses contribuent à transformer ces rues paisibles en un véritable enfer.


On y trouve aussi la Halle Victor Hugo, une multitude de lycées (dont le lycée français, où je vais voter quand il y a des élections en France) et le grand théâtre de la ville de Luxembourg. Désamianté depuis l'année dernière. On y trouve même un campus universitaire, de dimensions modestes, la création de l'université étant assez récente (le CUL - centre universitaire luxembourgeois - a été rebaptisé UNI, allez savoir pourquoi...)

Au niveau resto, avenue de la faïencerie, le Lagura propose une excellente cuisine italienne - fusion à des prix malheureusement très luxembourgeois mais dans un cadre très beau. Il semble qu'un concurrent, le Lux-E Cosi, avenue du bois, arrive dans le quartier sur le créneau déjà bien rempli des restos bobos proches de la capitale (voir justement le Lagura, le Cat-Club, l'Opium, la brasserie Mansfeld...). Les consultants et les banquiers devraient en assurer le succès. Côté vie nocture, si on excepte, justement, les soirs de Schueberfouer à manger des Bami-noodles devant la grande roue, le café des tramways est un petit bar bien sympa. Plus à mon goût, en tout cas, que le Blow Up, avec ses tables VIP et ses écrans plasma. Mais le public visé n'est pas vraiment le même...

Enfin, on peut noter la présence du cinéma Utopia, à la programmation un peu moins commerciale que l'Utopolis. Ce ciné a un inconvénient : les place numérotés. La caissière vous attribue des numéros et vous ne pouvez pas choisir votre fauteuil en arrivant dans la salle (vous pouvez vous asseoir à un autre numéro mais la loi de Murphy fait que le spectateur qui aura ce ticket arrivera juste au moment du générique de début).

15 juin 2006

Golden Lady

Du haut de son obélisque, juste en face de la cathédrale de Luxembourg, en plein centre ville, une statue de femme en or ("gelle fra" en dialecte local, aucun rapport avec les bas nylon) regarde les groupes de touristes qui attendent leur bus ou le petit train. On a un peu l'impression qu'elle enlève son auréole en sortant tout habillée de son bain, ou bien qu'elle s'apprête à lâcher sa couronne sur la tête du premier japonais qui s'approche de son socle... mais sinon elle est assez réussie. En tout cas, qu'il pleuve ou qu'il neige, la femme en or, bien que court vêtue, ne se dépare jamais de son imperturbable sourire.


Même lorsque, en 2003 on lui a érigé une soeur jumelle pendant tout un été. Au début, j'avais cru que les Luxembourgeois étaient tellement fiers de cette statue qu'ils en avaient commandé un deuxième exemplaire au sculpteur (un peu comme les 2 tours de l'Europe au Kirchberg). Genre, deux achetées la troisième offerte. En fait, la réplique n'était pas exactement identique : elle était enceinte et sur son socle, à la place de l'hommage aux soldats morts pour le Luxembourg, on pouvait lire que les femmes sont considérées comme des objets par le monde de l'art comme par le reste du monde. Plus ou moins. A la fin de l'été, la statue était démontée. J'espère que là où elle est maintenant, on lui a construit une réplique de l'originale, parce que sortie du contexte, le sens de cette femme enceinte en plâtre doré doit être assez dur à deviner.

A part ça, disais-je, la Gelle Frä est un monument aux morts. Comme en plus c'est en or, ça montre qu'on n'est pas des pauvres. Donc c'est bien. Et puis les voisins allemands ont eu l'idée de la démolir quand ils ont envahi le pays durant la seconde guerre mondiale, ce qui a encore renforcé son statut d'icône de la fierté nationale. Du coup, elle est dans le top ten des sujets de cartes postales les plus vendues dans le pays, au coude à coude avec le couple grand-ducal, le pont Adolphe et la cathédrale.

13 juin 2006

Philharmonie, ciel bleu et droits d'auteur

En allant au Kirchberg pour prendre une photo de la Coque qui illustre la chronique précédente, le ciel était si bleu que je me suis arrêté pour prendre des photos de la Philharmonie.

Philharmonie Luxembourg 1
Un bâtiment construit l'année dernière, vraiment réussi, dû à Christian de Portzamparc et où je suis allé voir 2 concerts très bien, ce qui ne gâche rien. En prenant ces photos, je me suis rappelé avoir vu la veille sur Capital un reportage sur le viaduc de Millau. J'y ai appris que l'image du pont appartenait à une société. Et qu'il n'était donc pas possible d'imprimer le pont sur des T-shirt ou des puzzles pour les vendre ! Dingue, je pensais qu'un édifice public était, justement, du domaine public. Et que l'architecte était déjà rétribué, si c'est à lui qu'appartient le ce "droit d'auteur" (ou à la maîtrise d'ouvrage, ou la maîtrise d'oeuvre ?).

Philharmonie Luxembourg 2
Enfin, tout ça pour dire que du coup ce soir, après avoir publié cette chronique sur les piscines, je me suis renseigné sur le net et j'ai lu ça : On y apprend par exemple que vous pouvez faire des cartes postales de la Tour Eiffel, seulement si elle est prise en photo la journée, parce que son éclairage est... protégé !! Imaginez un peu les photos de Doisneau s'il avait dû demander à toutes les personnes leur accord, même en second plan. Puis les démarches à la Mairie de Paris pour retrouver les architectes des maisons, les propriétaires des commerces...

Philharmonie LuxembourgBref, dans la mesure où je suis bien décidé à mettre ces quelques photos de la Philharmonie sur mon blog, je vous demande d'en profiter bien vite avant que les avocats de M. de Portzamparc me fassent un éventuel procès. Le droit d'auteur, c'est fait pour protéger les auteurs, pas pour empêcher les gens de vivre ou de partager ce qu'ils aiment, non ? Autant je comprends que si je n'achète pas un CD je n'aie pas le droit d'aller le télécharger mais si je devais acheter tous les immeubles que j'ai pris en photo... vu les prix d'un 3 pièces en ville...

A part ça, ces photos sont impitoyables avec mon appareil numérique : tous les immeubles ont l'air tordu. Merci Nikon.

12 juin 2006

Se baigner au Luxembourg

En ces temps de grandes chaleurs où seuls les klaxons des supporters portugais ravis d'avoir écrasé l'Angola 1-0 vous poussent à fermer vos fenêtres à 23h, une petite chronique sur les possibilités de se raffraîchir s'impose. Premier constat, sous le sceau de l'évidence, la riviera luxembourgeoise est un peu clairsemée : il paraît que, à Bormes les Mimosas, le Grand-Duc dispose d'un lopin de terre à côté du Fort de Bregançon (résidence secondaire du président français) et du pied-à-terre de la famille royale belge (en voilà qui ne partent donc pas vers le sud de la France avec leur caravane). Mais, si vous n'avez pas la chance d'être invités à partager un petit barbecue avec Henk et Maria-Thérésa, il vous faudra bien trouver une solution de repli.
Il y a d'abord la Moselle, et notamment Remich qui fait sans doute office de sérieux candidat puisque cette petite ville dispose d'une petite "croisette", où vous pouvez manger de la friture, et d'une piscine municipale découverte. Car il est assez déconseillé de se baigner dans la Moselle. Même si l'eau de la piscine n'est pas toujours plus propre que celle de la rivière, il y a beaucoup moins de péniches dans la piscine. Moi j'aime bien Remich mais je reconnais que la piscine est en général surpeuplée, d'une propreté douteuse (bonjour les cheveux qui se collent entre les doigts quand on nage) et que la "pelouse" ressemble plus au Central de Roland Garros qu'à celui de Wimbledon.

A quelques kilomètres, vous pouvez faire une petite thalasso à Mondorf. Ambiance petits vieux, peignoirs et resto gastronomique pour reprendre les kilos perdus au hammam. Sinon, au bord de la frontière avec l'Allemagne, un peu plus au Nord, du côté d'Echternach, il y a deux ou trois endroits où vous pouvez vous baigner dans la Sûre, ou même faire du kayak. Notamment à proximité des terrains de campings. Oui, on peut faire du camping au Grand Duché. Ca méritera sûrement une chronique un jour, mais pas aujourd'hui.

Et puis, bien sûr, il y a Esch-sur-Sûre. C'est un très grand lac artificiel, au Nord du pays. C'est un peu étrange parce qu'il paraît que le barrage a inondé une vallée avec un petit village en dessous et que, donc, vous vous baignez au-dessus de maisons, d'église, de carcasses de voiture... Mais ça ne se voit pas (sauf si vous faites de la plongée ou que vous arrivez un jour où l'état a décidé de vidanger le barrage... ça arrive !). Esch est le rendez-vous de tous les habitants du pays en mal de plage. Et tous ces gens qui font griller des saucisses et se baignent dans le lac, ça donne un petit côté vacances qui n'est pas désagréable. En plus, l'eau est sensée être propre, car elle est utilisée pour produire l'eau potable qui est acheminée dans tout le pays. Donc, pitié, de la retenue. C'est le cas de le dire.

Après, viennent les piscines, mais qui sont en général couvertes :

d'Coque à Luxembourg

  • La coque (voir photo) : au Kirchberg, immense mais plutôt pour l'hiver que pour l'été à mon goût. Propose également des spectacles "culturels" style Chris de Burgh, Elton John, André Rieu ou Scorpions. Chacun ses goûts : écouter André Rieu en slip de bains, c'est clair que ça doit donner des frissons.
  • La piscine des Bains : incroyable, en plein centre ville, équipée comme un centre de thalasso avec bains à remous, saunas et appareils de muscu pour environ 3 euros l'entrée.
  • La Pidal à Walferdange : piscine couverte mais propre et avec une superbe pelouse avec même des chaises longues et des petits palmiers, toujours pour un prix raisonnable.

Et puis, ultime option, pour les plus luxembourgeois des Luxembourgeois : se faire construire une piscine dans son jardin ou son garage. Ce n'est pas si rare et, après tout, ce n'est pas de l'argent moins bien dépensé que l'acquisition d'une Porsche Cayenne surbaissée.

11 juin 2006

Les fans apprécieront

Je me demande déjà comment on peut claquer plus de 60 000 euros dans une caisse, mais si en plus c'est pour la maltraiter comme une Opel Astra ou une Ford Escort, là, ça me fait vraiment mal au coeur :

Si, encore, on n'a pas les moyens de s'acheter une voiture de sport et que c'est sa passion, je comprends qu'on rajoute, petit à petit, sur une 206 ou une Golf d'occasion, un pot d'échappement chromé, deux prises d'air ou un autocollant "ethnique", des jantes 17 pouces et même, à la limite, un néon bleu sous le chassis pour bronzer quand on fait les vidanges. Mais, là, une Porsche, je croyais que c'était DEJA une voiture de sport ? Et puis, surtout, un 4x4 surbaissé, c'est un peu comme si on achetait un cabriolet et qu'on y rajoute un toit fixe, ou qu'on porte des chaussettes avec des sandales.

Prochaine étape : rajouter les 2 lapins playboy "injection directe" à l'arrière de la Rolls.

Avis à tous les touristes

Le grand bâtiment au bout du pont Adolphe, avec la grande tour un peu germanique, ce n'est pas, ça n'a jamais été, et ça ne sera vraisemblablement jamais, le palais du Grand Duc. C'est le siège social de la Spuerkess (la caisse d'épargne du pays). Hé oui, juste une banque. Ne soyez pas décu, c'est typique du pays, quand même. Et puis le pont, avec la vallée de la Pétrusse en dessous, est aussi un symbole de la nation.

Amis touristes, pour vous prendre en photo devant le palais grand-ducal, il faut aller jusqu'à la rue du marché aux herbes, à côté de la Place Guillaume. Il n'a pas une aussi belle tour que la Spuerkess, mais vous ne pouvez pas le louper quand même : il y a toujours un soldat qui fait les 100 pas devant. Il n'a pas un uniforme très pittoresque comme au Vatican ou à Buckingham, mais ça ne vous empêche pas de l'immortaliser avec votre appareil, au moment où il claque des pieds devant sa guérite par exemple.

09 juin 2006

Ici Luxembourg, à vous les studios

Regardez sur les toits du Grand Duché : personne ne met une antenne pour regarder la télé. Etonnant, non ? En fait, tout le monde passe par le câble et prend un abonnement chez l'un des deux télédistributeurs du pays, en fonction d'un découpage complètement arbitraire : Vous avez le choix d'être slip ou caleçon, Mousel ou Bofferding, Grillwurscht ou Mettwurscht mais pas Eltrona ou Coditel. Vous voulez faire jouer la concurrence ? Il suffit de déménager. Du coup, vous ne payez pas de redevance télévisuelle mais un bel abonnement au câble pour une centaine d'euros. Pas le choix.

Bon, il y a aussi quelques paraboles depuis plusieurs années, pour ceux qui en ont marre de regarder Canal + Belgique (si vous préférez "PSG - OM" à "Genk - La Louvière") ou Eurosport en Allemand.


Curieusement, pour la coupe du monde, dont je regarde en ce moment le match d'ouverture, mon gentil cablo-opérateur me demande en bas de l'écran de ne pas regarder TF1 ni M6 parce qu'ils "cryptent" les retransmissions (qui sont en clair mais faut pas chercher) et de plutôt choisir RTL ou la RTBF. Pour se venger, j'espère qu'ils vont crypter "Tango-TV" et, surtout, "de Chamber" la passionnante chaîne de la chambre des députés.

De verre et d'acier

Avant, quand une entreprise construisait des bureaux au milieu de la ville, ça donnait ça (le siège social de l'ARBED, devenu celui d'Arcelor) :


siège Arcelor
Aujourd'hui, pour montrer qu'on est plein de fric, pas question d'investir dans la pierre de taille. Des gros blocs de verre, des grandes barres d'acier. Et tant pis si ma ville ressemble à l'esplanade de la Défense.

Au mieux, ça donne ça (tour de l'Europe) :
Tour de l'Europe
Et, au pire, ça donne ça (immeuble dégueu d'une banque sur le boulevard Royal) :

Immeuble boulevard Royal
La différence entre le pire et le meilleur reste assez subtile. Toute cette architecture n'incitant pas, de toute façon, à la franche rigolade ou à autre chose que se pointer avec une tête d'enterrement, en costume cravate, pour une journée de travail climatisée et bien sérieuse.

Bien que le pays ait l'ambition de doubler plus ou moins sa population en 10 ans, le rapport de Mindforest sur Luxembourg en 2006 nous apprend que : "Alors que toutes les communes ont vu le nombre de leurs résidents augmenter, la tendance est à la baisse pour Luxembourg-Ville, sur 20 ans." Ce n'est pas pour ça que les prix de l'immobilier vont baisser, car on est en train de transformer tous les immeubles d'habitation et de commerce en bureaux et en agences de banque...

Pour faire croire que la ville est bien vivante, il suffra d'organiser des concerts sur la place d'armes et des festivals "summer in the city" avec des défilés de comédiens.

07 juin 2006

30 ans d'expérience dans le surnaturel

Je continue ma collection de publicités de marabouts luxembourgeois dont j'avais déjà parlé. Cette fois ci, le professeur en question ne porte pas de nom africain, mais l'énigmatique trigramme identifiant la couronne suédoise. Serait-ce une réincarnation de George Soros ? Pourra-t-il prévoir où va s'arrêter la chute du dollar ? Prédit-il une réintroduction du LUF par la Banque Centrale du Luxembourg (pour info, avant l'euro, il y avait un Franc Luxembourgeois, dont la valeur était celle du Franc Belge, mais qui comportait des billets spéciaux acceptés uniquement au Grand-Duché et pas en Belgique alors que les billets belges étaient valables des 2 côtés de la frontière... faut pas chercher à comprendre) ?

professeur SEK
Tout ceci est, ma foi, bien possible quand on découvre les pouvoirs surnaturels de monsieur SEK : "amour, commerce, cheveux, poils". J'imagine qu'il fait le contraire de Dieu avec les hommes de 40 ans, qui, curieusement, déplace la pilosité masculine du haut du crâne vers l'intérieur des oreilles et des narines. Mais ce n'est pas précisé alors on peut tout imaginer. Un peu comme le "bien d'autres choses encore" à la foi mystérieux et énigmatique. Mais bon, avec des dons surnaturels acquis à la naissance avec une expérience de plus de 30 ans, ça doit être assez facile.

Surtout qu'il peut vous recevoir par correspondance (?) à un numéro de téléphone (???) et ça, c'est vraiment plus fort que tout. Comme en plus tu paies "selon tes désirs", ça doit être une bonne adresse.