30 août 2006

La Schueberfouer

Les employés de KPMG et du Crédit Agricole Indosuez attendent cela avec impatience tous les ans. Si eux aussi sont pénalisés par l’occupation du parking du glacis pendant les trois semaines qui suivent la Saint Barthélémy, ils sont, par contre, aux premières loges pour profiter, par les fenêtres de leur bureau, du spectacle sans cesse renouvelé (toutes les 2 minutes environ…) de visiteurs passant à 90 km/h dans un petit wagonnet, en hurlant évidemment, voire plus pour les sensibles. Le top du top, ça doit être quand le « High Energy » tombe en panne en immobilisant tous ses occupants la tête en bas pendant une demie heure, ils peuvent leur jeter des cacahuètes ou des verres d’eau. Ca a beau être des comptables ou des banquiers, ils se souviennent quand même avoir été des êtres humains.


Mais la Schueber ce n’est pas que du bruit jusqu’à une heure du matin, un stationnement impossible (et payant jusqu'à 1h du matin) dans tout le Limpertsberg, des mecs bourrés à la bière qui se castagnent à la sortie des buvettes et des milliers de visiteurs qui essaient de gagner une peluche géante de Bob L’Eponge en tirant des fléchettes sur un fil en acier trempé. Non, la Schueberfouer c’est surtout le plus grand festival du vomi du Grand Duché : l'Air Maxxx, le Top Spin, le Drop Zone... et les Mettwurscht cuites dans la graisse vieille de 4 jours. Ca fait beaucoup pour un estomac.

28 août 2006

"Burning Man" et "Schueberfouer"

La Schueberfouer c’est un peu le « Burning Man » du Luxembourg. Pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de ces manifestations, ce sont deux sortes d’énormes festivals alternatifs où les visiteurs sont invités à se regrouper plusieurs jours au milieu de nulle part, en échangeant avec leurs voisins et en étant aussi créatifs que possible. Non, ce n’est pas une orgie (enfin, apparemment, mais j’imagine que la créativité n’a pas forcément de frontières très strictes). Sauf que les Américains n’ont rien compris : ils organisent leur événement dans le désert du Nevada, du 28 août au 4 septembre, quand notre Schueber dure 3 semaines entière sur le Parking du Glacis, qui est quand même vachement plus accessible.

La seule chose qui soit vendue au Burning Man c’est du café et des glaçons, même pas l’ombre d’une petite Gromperekichelcher, ou d’une Mettwurscht grillée, sans parler du stand de Jean La Gaufre ou des deux vendeurs de Glaçons canadiens déguisés en trappeurs (qui pourraient peut-être passer pour une installation conceptuelle). Du coup, vous devez arriver avec vos provisions et repartir avec vos déchets, alors que chez nous vous ne risquez pas de mourir de faim.
La manifestation américaine change de thème tous les ans (cette année est « Hopes and Fears ») alors qu’ici c’est toujours : « bière et attractions » mais ça n’empêche pas les visiteurs et les forains de trouver de nouveaux accoutrements toujours plus ridicules (style survet’, cravate en cuir et stetson), des manèges encore plus pourris (style le « Sport Palast » cette année), d’autres encore plus éprouvants (style « Air Maxx »), ou de proposer des contrefaçons de peluches Disney toujours moins réussies.

Enfin, les gens du Burning Man terminent leur petite fête en brûlant un gros bonhomme, alors qu’ici on lance un énorme feu d’artifice (sous la pluie, OK, mais quand même). Avouez que le parallèle est plutôt flatteur pour le Luxembourg. Sans compter qu’on a le Grand Duc.

Ceci dit, si le Luxemburger Wort cherche un pigiste pour couvrir l’événement l’année prochaine je suis partant ! En attendant, je vais de ce pas couvrir l’original pour la prochaine chronique…

Béton armé et chlorophylle

Quand on se promène dans la verte campagne luxembourgeoise, on a parfois la chance, au détour d'un des innombrables sentiers "auto-pédestres", de tomber sur une scène émouvante de bucolisme et de fraîcheur. Un paysage qui nous rappelle que le Grand-Duché est recouvert à plus de 35 % non pas par des autoroutes et des stations services mais bien par des forêts et de grasses prairies où les moutons gambadent et les vaches ruminent.


Et puis, poussé par cette envie d'air pur, vous faites un petit crochet par un second sentier juste à côté (enfin, dans mon cas, vous prenez une flèche du circuit n°165 pour la suite du circuit n°166, ce qui rajoute une petite dizaine de kilomètres à la ballade dominicale...) Vous vous émerveillez devant la végétation de feuillus et de conifères, devant les petits scarabées qui se promènent et les gros champignons qui poussent vaillamment étant donné le climat assez favorable.

Quand, au détour d'un nouveau virage, vous découvrez un site charmant, symphonie à la gloire du ciment, de la chaux vive, de l'acier et du dioxyde de carbone qui vous rappelle qu'il est temps de rentrer chez vous avant la prochaine averse...

25 août 2006

Le navet de l'été

Tous les ans c'est pareil à la télé aux mois de juillet et d'août. On a droit aux best-offs et aux vieilleries, on ressort Intervilles et Jeux sans Frontières, cette année on a même dépoussiéré la Roue de la Fortune, c'est dire. Mais surtout, les programmateurs recherchent les plus infâmes navets, ceux que même Villeret et Jean Lefèvre ont refusés de tourner pour payer leurs impôts. Ceux à côté desquels le dernier Gendarme ou le plus piètre Don Camillo font figures de chefs d'oeuvres de mise en scène et de sommets de subtilité.

Cette année, je me suis attelé à ce petit plaisir (un peu maso, avouons-le) et j'ai pas mal zappé sur les meilleures chaînes du paysage télévisuel franco-belge (principalement le carré magique du nanar de seconde partie de soirée : TF1, Club RTL, M6, RTL-9). Bison Futé annonçant un samedi rouge dans le sens des retours, il est grand temps de livrer le gagnant 2006 du titre de "navet de l'été".

And the winner is...

A Nous les Garçons

Pour son titre (c'est le même réalisateur que "A nous les petites Anglaises", on l'aura deviné).

Pour le plaisir de voir Frank Dubosc à 23 ans, habillé en blouson "teddy" et en baskets en toile blanches (sans chaussettes), moulé dans son jean cigarette et roulant sur sa moto MBK.

Pour son brushing indestructible, digne des plus grandes heures de David Bowie.

Pour la scène où les 2 jeunes filles entre lesquelles le coeur du playboy balance mangent du homard dans une marmite avec leur mère.

Pour Valérie Carle qui joue l’une des deux gourdes et qui a représenté le Luxembourg à l’eurovision en 1984. Comme quoi. Encore une grande date pour le pays, qui s’abstient malheureusement de renouveler ses participations depuis les années 90. C’est peut-être parce qu’on trouve cela trop nul. Et c’est tout à la gloire du grand duché.

Pour Henry Guibet et Roland Giraud, éternels seconds rôles de ce genre de séries B à la française.

Et surtout, pour la bande originale : "Elle préfère l'amour en mer" de Philippe Lavil et le sommet de poésie de Claude Barzotti "Où c'était", sur lequel Dubsoc emballe grave, et dont je ne résiste pas à la tentation de vous livrer un petit extrait :
"C'était dans une forêt, je ne sais pas où c'était
Je croyais que j'étais chez Yvonne de Galais
Je ne peux pas me rappeler ça me donne envie de pleurer
Je n'en sais rien, j'ai rêvé.
Y'avait un lac et des boulots,
un chien savant et des lionçaux
Et des fontaines de champagne
qui jaillissaient de la campagne
Y'avait des lampions, des chandelles et des montagnes de gâteaux"

Bref, bravo à M6 d'avoir eu le courage de diffuser ce monument à la gloire des années 80, des Renault 18 breaks et de l'exception culturelle française.

17 août 2006

Un air de famille

Grâce à ce blog, j’ai découvert ce site : Par le biais d'algorithmes surpuissants à base de réseaux de neurones de grands parents qui trouvent que « décidément le petit à le nez de sa mère et les oreilles de son père », les Américains ont réussi à mettre au point un logiciel ultra performant de reconnaissance des visages.

L’intérêt de cet outil, outre celui de vérifier ce que disaient vos papys et mamys, est qu’il n’est encore dans sa version béta, et qu’il donne donc parfois des résultats assez surprenants. Ainsi, après avoir évidemment essayé avec ma propre tête, j’ai essayé le visage que tout habitant du pays a en tête (sinon dans sa vitrine pour les commerçants), notre Grand Duc Henri. Hé bien, Henri ressemble, d’après ce programme, à…

Roulements de tambour…

Harvey Keitel !

Si vous ne connaissez pas cet excellent acteur, il est grand temps que vous alliez regarder Taxi Driver ou Pulp Fiction. On dira "oui, d’accord, Harvey il est pas mal, mais quand même, il joue souvent les alcooliques, les tueurs, les flics pourris ou les drogués, voire les 4 à la fois". Ce à quoi, je répondrai qu’il n’a pas à se plaindre quand on voit à quoi ressemble George W Bush …

Madonna !!! (à 55% seulement, mais quand même)

Vous pouvez essayer avec votre photo, mais c’est évidemment encore plus drôle avec celle de votre belle-mère ou de votre patron.

15 août 2006

Déménagement

Sous-titre de la chronique : Tout ça pour ça.

Ca y est, après de longues réflexions, la visite de 45 appartements aux loyers oscillants entre 1200 et 2000 euros, j'ai décidé de changer d'adresse... pour ce blog. Ca reste plus simple et moins onéreux que de le faire dans la vraie vie. Tant pis, je n'irai pas à la frontière, chercher une maison avec vue sur la centrale nucléaire ou la sortie d'autoroute.

D'ailleurs, même au niveau blog, il faut dire que le changement est finalement fort minime, puisqu'il m'a suffit de changer le nom dans Blogger. J'avais imaginé au début acheter le nom de domaine (en .lu ou .net) mais ce n'est pas possible en laissant les données sur Blogger. Il faut passer par un hébergeur du marché et publier le site par FTP... ce qui fait perdre de l'intérêt à cet outil de blog, dont le principal atout est, à mon avis, de proposer un espace illimité. C'est loin d'être le cas chez un hébergeur classique.

Pendant 30 secondes, j'ai aussi envisagé de changer de système, d'installer SPIP ou un autre système qui soit plus configurable. Et puis, finalement, j'ai déjà suffisamment à faire avec l'informatique au boulot pour ne pas se mettre des soucis de migration sur le dos (pour continuer la métaphore avec la maison, c'est un peu comme quand on va chez Ikéa en voulant juste trouver le petit cendrier du catalogue et que finalement on se demande si on ne pourrait pas également prendre la table basse pour mettre sous le cendrier, le tapis sous la table basse, le canapé à l'autre bout du tapis, et la lampe Kärlström pour éclairer le canapé).

Du coup, je suis juste passé à un nouveau nom dans Blogger, en gardant l'ancien avec un petit message pour prévenir les visiteurs. L'utilité de tout ceci est bien entendu assez limitée, mais il me semble qu'il vaut mieux trouver une adresse fixe le plus tôt possible (aïe, là ça fait plus d'un an), et que la précédente était quand même un peu trop orientée "perso". Alors avant qu'il y ait 2 ou 3 contributeurs pour m'épauler, que les visiteurs se bousculent pour laisser des commentaires avisés et que des centaines de sites référencent les Chroniques du Luxembourg, voici qui est fait.

Sinon, dans l'appart, on va peut-être changer les meubles du salon de place.

11 août 2006

Que faire de tout cet argent ?

Il y a un certain nombre de gens dans la vie qui, apparemment, ont des problèmes pour trouver que faire de leur pognon. Un peu comme dans le film Blow (bonjour les références cinéphiles... c'est juste qu'il est passé hier à la télé belge) où on voit Johnny Depp ne plus savoir où mettre les millions de dollars qu'il gagne dans sa petite entreprise d'import-export avec son pote Pablo Escobar: il entasse les billets qu'il ne prend même plus la peine de compter (il les pèse, ça va plus vite, 10 kg = 1 million de dollars, au cas où vous chercheriez un outil de conversion, j'ai pas vérifié). Il les entasse, disais-je donc avant d'être interrompu par ma digression, dans des cartons, dans la cuisine, dans la cave et même dans les toilettes.

A Luxembourg, c'est différent (ben oui, c'est que de l'argent propre) mais quand on voit ce que certaines banques pratiquent comme mécénat culturel, on est en droit de se poser quelques questions sur les motivations profondes qui peuvent pousser une grande institution financière à décorer son jardin avec des slips kangourou géants en acier trempé.


Alors, on se dit, "mais suis-je bête, c'est de l'art". En plus ça s'appelle Adam et Eve, très second degré. D'accord pour le clin d'oeil.

Malgré la fine pluie et les 12° (oui, à Luxembourg, un été caniculaire ça veut dire qu'on peut se passer de sa polaire jusqu'à 17h en juillet), je continue donc ma petite promenade dans ce petit parc. Et là, message subtil sous la forme d'une deuxième sculpture :

C'est pas très gentil pour les moustiques, tout ça. Mais, suis-je bête, c'est de l'art. L'important c'est pas que ce soit beau ou qu'il y ait un message (là, c'est quoi : "les nazis sont méchants" ?), c'est que ce soit marquant pour que tu retiennes le nom de l'artiste et qu'il puisse en vendre un petit paquet. Le concept, coco, le concept. Ha, oui. Le concept. Ben, tiens, histoire de bien terminer la promenade, en voici en voilà du concept :

Là, ça interpelle grave, coco. Les références à Marcel Duchamp, aux ready made, à la société de consommation, à l'art comme marchandise. Tu vois ? Heu, franchement, je me demande juste comment ils ont fait pour partir de chez Auchan avec les caddies ? Ils ont dû y laisser un paquet de pièces de 1 euro, tu crois pas ? Surtout quand tu sais que maintenant t'es même obligé de payer tes sacs en plastique.

A ce rythme là, je me demande si j'irais pas manger second degré un gros big mac, avant d'écouter, au second degré, un CD de Bon Jovi et de regarder (toujours au second degré, suivez un peu) "les superstars du catch" ou "très chasse très pêche" à la télé. D'ailleurs, en 2001, les élections présidentielles en France, Le Pen au second tour, c'était du second degré. Et hier, les 35 mecs qui voulaient faire exploser des avions au-dessus de l'Atlantique, c'était aussi du second degré, faut pas tout prendre au pied de la lettre.

Les gens ne comprennent rien.

09 août 2006

Cahiers du Football

Pour les "amateurs sans plus" de foot (ou les vrais, mais qui disposent d'un cerveau), je ne saurais que recommander la lecture des Cahiers du Football. Dans le domaine, c'est un peu à France Football ce que le Canard enchaîné est au Monde.


L'article sur l'anti-guide touristique en Allemagne m'a fait passer 5 excellentes minutes, ce qui est sans prix quand on rentre du boulot un 9 août sous un ciel de novembre. Pour le reste, c'est parfois un peu trop pointu pour moi qui ne suis grosso-modo les résultats que d'une seule équipe, et qui ne regarde télé-foot que sporadiquement, mais je pense que c'est drôle également quand on maîtrise à fond son sujet.

06 août 2006

Week end à Paris

Un concert de Os Tocardinhos à l'Abracadabar, un apéritif dans le XIX°, une visite des Buttes Chaumont, le musée Marmottan, l'avenue Henri Martin, le métro, le trocadéro, la tour Eiffel, l'avenue Kléber, les terrasses de café, l'avenue Kléber, l'arc de triomphe (en cours de démolition ?)


La place Blanche, le moulin rouge, les noix de coco, les Poubelles boys au Casino de Paris, chez Papa, les croissants, l'Espagnol pour les nuls, la nouvelle Bande Dessinée, les Champs Elysées, la maison de l'Aubrac, le Grand Répertoire au Grand Palais...

La machine à fumée, le Girodoumdoum, la machine à tartiner le Nutella, le canon à neige, le mur de lumière, la baignoire roulante, la catapulte à piano, le chiotte solex, le canon à oeufs, la machine à coups de freins, le strip-tease à 20 centimes, la machine à applaudir, le vélo à tamponner des empreintes de vache, le piano à poules, la branletigeuse et même une machine à feuilleter des pages de livre...

On peut dire qu'on en a vu des choses à Paris ce week-end. Ce soir, retour à la vraie vie.

04 août 2006

L'enfer

Je dis l'enfer, mais encore je suis en dessous de la vérité. Pour aller en enfer, je suis sûr qu'il vous suffit de pécher une ou deux fois, et vous n'aurez pas à attendre deux heures qu'un fonctionnaire de belzébuth daigne appuyer sur un petit bouton qui affichera votre numéro de ticket juste au moment où vous êtes partis aux toilettes.

Le mariage, donc, c'est l'enfer. On m'avait prévenu direz-vous. Oui, mais ce n'est pas ce que vous croyez (heureusement, au bout d'un mois) : tout va très bien avec ma femme. C'est avec les employés d'état civil de 3 pays européens que j'ai des problèmes. Il faut dire que la situation n'est pas forcément super simple, puisque je suis français et que j'ai épousé une Belge au Luxembourg. Ne me demandez pas la nationalité qu'aura notre futur enfant si on se décide à nous reproduire, je n'en ai aucune idée. Et de toute façon, vu le boulot que c'est pour déclarer le mariage aux autorités compétentes, j'imagine qu'il faudrait poser 1 semaine de congé pour venir à bout du des tracasseries administratives engendrées par un éventuel rejeton. On va prendre le temps, donc.

Pourtant, la situation semble assez courante : nous sommes ressortants de l'Union Européenne et l'acte a été réalisé dans un pays européen également. Et les 3 sont francophones. Sinon, bonjour les certificats en quadruple exemplaires de moins de trois mois qu'il faut faire traduire par un organisme certifié (durée d'attente 10 semaines, donc retour à la case départ...). Là, dieu merci, tout semble bien plus simple, à la base en tout cas.

Je vais donc confiant, au centre des impôts pour demander qu'on me change ma carte d'impôt. Pas de chance, la carte d'impôt se demande à son employeur (qui la demande au centre des impôts). Ensuite, il faut la faire modifier au Biergercenter. Là, ils ne vous demandent même pas de copie de l'acte, puisqu'ils ont déjà l'information dans leur ordinateur. Incroyable, vous dites-vous. Puis, à y repenser, vous vous dites : "Mais, au fait, si ils ont déjà l'information dans leur ordinateur, à quoi ça sert que je vienne les voir ?" Ne cherchez pas, il le FAUT. Bon, c'est pas grave, vous rendez donc la carte à votre employeur (qui la rend au centre des impôts, qui vérifie - j'imagine - qu'il avait effectivement cette information dans son ordinateur lui aussi). Bilan des courses : on n'a pas eu à licencier 40 fonctionnaires qui passent leur journée à vérifier que l'ordinateur ne s'est pas trompé. Soit.

Pour la transcription du mariage, je suis allé, confiant, à l'ambassade de France, muni de mon carnet de famille tout neuf (européen, c'est marqué dessus) et de ma carte d'identité, me disant qu'avec tous ces ordinateurs maintenant ça allait être super facile. A quoi sert de transcrire le mariage contracté dans un autre état membre de l'union européenne ? Ben, j'en sais rien, mais comme ça va être vite fait, autant le faire. Erreur. Grave erreur. Je ne m'en sortirai pas sans un formulaire à remplir pour demander officiellement la transcription de l'acte, des copies dans tous les sens de l'ensemble de mon portefeuille, un extrait intégral de l'acte de mariage et des extraits intégraux d'actes de naissance de moi et mon épouse. De moins de 3 mois. Sinon... Du coup, je demande à la personne qui me fait face si je pourrais me passer de ces formalités et rester tel que je suis : "Hou la la, non, pas du tout, sinon vous aurez des problèmes quand on voudra renouveler votre carte d'identité.
- Ha bon, parce que maintenant c'est inscrit sur les cartes d'identité qu'on est marié ? Vous savez, je suis un homme, je ne vais pas changer de nom.
- Heu... enfin, en tout cas vous aurez des gros problèmes si vous voulez divorcer.
- Ha bon, mais si je divorce au Luxembourg, ils vont pas vérifier que l'acte a été transcrit en France, quand même ?
- Vous faites comme vous voulez mais vous aurez des gros problèmes."

Bon, j'imagine qu'il doit encore y avoir des histoires d'ordinateurs qui ont les informations mais qui ne veulent pas les donner, et des fonctionnaires qui doivent continuer à fonctionner et à distribuer des tickets parce que les files d'attentes ne sont jamais assez grandes dans les services d'état civil.

Du coup, pour perdre encore une petite heure ou deux, je suis allé au Biergercenter demander une copie intégrale d'acte de mariage. J'y ai appris (après une courte attente) que le Biergercenter ne délivrait que des actes de naissance, et que pour les actes de mariages il faut aller au service d'état civil de la commune. Ha bon, et moi qui croyais que Biergercenter ça voulait dire "centre de la commune" ? Et dans votre ordinateur, la semaine dernière, quand je suis venu pour les impôts, c'était déjà marqué que j'étais marié, en plus !!! C'est pas grave, je suis donc allé au service d'état civil, qui est EN DESSOUS de la mairie. Parce que s'il suffisait de rentrer par la porte principale ce serait trop facile. Là, c'est une porte bien cachée, juste à côté d'une entrée de parking. Ici, une fois que les employés sont revenus de pause café (ou cigarette, ou de faire leurs courses, je ne sais pas, mais en tout cas j'étais le seul à attendre devant 6 portes fermées), ils m'ont gentiment délivré la copie intégrale tant désirée.

Il ne me reste plus que les extraits de naissance. Ouf. On va essayer par la poste.

03 août 2006

Même pas dans le top 1000 !

Pour mon anniversaire, j'ai reçu un livre énorme : Les 1000 lieux qu'il faut avoir vus.

Le bandeau indique qu'il s'en est déjà vendu 2 000 000 d'exemplaires dans le monde, suffisamment donc pour permettre à son auteur d'élargir son horizon au-delà du top 1000 pendant le restant de ses jours. L'histoire ne dit pas ce qui arrive si vous ne les avez pas tous vus, mais j'imagine que vous irez croupir en enfer en vous tordant de douleur et en gémissant "mais pourquoi ne suis-je donc pas allé visiter la fabrique de chapeaux en poils de castor du Wisconsin". En tout cas, ce qui est dingue, et je pèse mes mots, c'est que le Luxembourg n'y figure pas. Que fait la police (grand ducale) ?

On ne passe pas à côté des incontournables comme le Taj Mahal, la muraille de Chine, les chutes d'Iguazu ou l'Empire State Building, mais il y a également quelques "endroits" un peu plus suprenants. Les plus proches attractions touristiques obligatoires sont Nancy avec la place Stanislas et l'abbaye d'Orval. Mais pas un mot pour le château de Vianden, l'exposition Family of Man de Clervaux, les crêpes de Jean la Gaufre à la Schueberfouer ou les scampis de chez Baccano (le guide propose aussi des événements, des restaurants et des hôtels).

Un dernier détail, il FAUT aller dans les hôtels à 150 euros la nuit et manger des menus à plus de 70 euros. Puisqu'on vous le dit. Avec de tels goûts de luxe, c'est évidemment une injustice que notre chère capitale, qui est quand même une ville très belle avec son centre piéton et les fortifications (je suis sérieux!) et, surtout, qui propose une quantité impressionnante d'hôtels hors de prix et de restos surévalués ne soit pas représentée dans ce livre. On va dire qu'elle a dû être classée 1001°...

02 août 2006

Jeux de société

Depuis 2 ou 3 ans, on s'est remis à jouer à des jeux de sociétés. Je ne suis pas qualifié pour déterminer si c'est un signe qu'on devient vieux, ou si c'est un phénomène de... société. En tout cas, je ne m'étais pas rendu compte auparavant qu'il y avait quelque chose entre le Monopoly ou la Bonne Paie (ha, les factures de "Jean Frémy - Doreur", toute une époque) et le Scrabble ou le Bridge. Hé bien si.

Parmi les jeux qu'il nous a été donné de récemment découvrir (ou de re-découvrir) je citerai simplement :

  • Jungle Speed : un principe très simple. Un jeu très bête. Et donc excellent : les joueurs retournent à tour de rôle une carte et doivent s'emparer d'un morceau de bois si la carte est identique à une autre des cartes retournées. Investissement intellectuel proche de zéro, c'est vraiment parfait. Sauf si vos adversaires ont des ongles longs.
  • Pic Pirate (version adulte) : A tour de rôle vous plantez une épée dans le tonneau du pirate. De temps en temps, il saute. Celui qui le fait sauter boit. Investissement intellectuel vraiment zéro. Sauf pour essayer de deviner comment fonctionne le Pirate. Personnellement, je n'ai toujours pas compris. Vous pouvez planter 2 fois les épées au même endroit, le pirate ne sautera pas au même moment. C'est une des grandes énigmes de la science. Si quelqu'un connaît le SECRET de Pic Pirate, n'hésitez pas !!
  • Time's up : il faut deviner les mêmes personnages 3 fois de suite, la première fois en racontant ce qu'on veut, la seconde fois en prononçant un seul mot et la troisième fois en mimant. Curieusement, la première fois est la plus difficile (il faut dire que tout le monde ne connaît pas forcément Uther Pendragon ou Joseph Haydn) et, forcément, la moins drôle, mais les 2 manches suivantes sont vraiment excellentes puisque tout se joue alors sur la mémoire et les associations d'idées.
  • Chabadabada : vous tirez un mot (par exemple "oublier") et vous devez trouver une chanson qui le contient. L'équipe d'en face aussi, jusqu'à ce qu'une des deux équipes soit à cours d'idées. Le truc en plus c'est qu'il faut chanter la chanson, ce qui rend le jeu encore plus sympa : "J'oublieraaaaaaaai tooooon noooooooooooooooooom" "Vous les copains je ne vous oublierai jamais !" "Tu oublieras les sourires, les regards, qui parlaient d'éternité.." et ainsi de suite.
  • Delir'Phone (cadeau d'hier, tout beau tout neuf, merci !) : un principe hyper simple, et donc parfait pour une soirée entre amis. Vous tirez 2 cartes qui vous donnent d'une part une situation où vous êtes sensé téléphoner à quelqu'un et, d'autre part, 3 mots qu'il va falloir caser dans cette conversation sans que les autres joueurs ne les devinent. Par exemple vous devez [faire semblant d'] appeler les pompiers pour leur expliquer que votre petit frère est coincé dans les WC et vous devez caser dans la conversation "gazinière", "désertique" et "stratégie".

Le palais Grand Ducal

Est-ce qu'une chronique sur le palais grand-ducal ce n'est pas un peu facile et complètement inutile, étant donné que tous ceux qui ont mis les pieds au Luxembourg le connaissent et que les autres n'en ont certainement rien à faire ? Si. Voilà, maintenant que j'ai plaidé coupable d'une fainéantise que je justifierais par l'ambiance estivale, je vais me permettre de vous livrer mes quelques lignes superflues sur ce "joyau de l'architecture arabo-andalouse" qui est venu curieusement atterrir sur les rives de l'Alzette pour héberger le Grand Duc.

Quand je dis héberger, j'extrapole puisque, en réalité, le Grand Duc a choisi d'habiter un endroit un peu plus accessible, avec des places de parking pour son monospace (il a 5 enfants) et des chambres pour les amis, dans le nord du pays. Il utilise le palais pour recevoir les représentations officielles et aussi pour des cérémonies dont on imagine difficilement l'importance en terme d'équilibre géo-stratégique des puissances de la "grande région" (comme on dit) mais où le prince Albert doit se faire salement blaguer.

Les têtes couronnées, pour nous autres Français, ce n'est qu'un lointain souvenir mais il en reste quand même un bon paquet dans l'Union Européenne (Pays Bas, Belgique, Royaume Uni, Suède, Espagne...) alors ne faisons pas trop les malins. D'ailleurs, moi j'adore le Grand Duc, surtout quand il se fait couronner, ça nous fait un jour de congé. En plus, Henri, l'actuel titulaire de la couronne, a l'air assez sympathique. Il pose pour des photos, fait des discours, signe des arrêtés, rend visite à sa famille éloignée, invite des chefs d'état, fait des discours, collectionne des médailles et des titres honorifiques... bref il assure le pouvoir exécutif comme on dit pour faire bien. Un peu comme un président en France sauf qu'il ne peut pas faire autant de bêtises. Ce qui, tout bien réfléchi, n'est pas si mal.

Sinon, pour finir par une petite anecdote, les Allemands avaient fait de ce palais une taverne pendant la seconde guerre mondiale, histoire de bien montrer que c'était eux les patrons. Aujourd'hui, ce n'est plus ici qu'il faut commander une Bofferding mais plutôt dans un des restos qui lui font face où un des bars qui se trouvent derrière. Enfin, vous pouvez toujours essayer avec le militaire posté dans sa petite guérite, mais vos chances de succès semblent assez faibles.

01 août 2006

Maastricht

Maastricht ce n'est pas que le traité du même nom.
Maastricht ce n'est pas que des boutiques de luxe dans la vieille ville.
Maastricht ce n'est pas que les coffee shops.
Maastricht ce n'est pas qu'une destination sympa à moins de 2h de voiture de Luxembourg.
Maastricht ce n'est pas qu'une ville où on mange des tapas (ben oui, en Espagne les hollandais mangent du gouda et du "kip sate" et ici ils mangent des tapas, faut bien trouver de quoi remplir la Volvo break, la remorque et la caravane).
Non.
Maastricht c'est aussi la ville d'Europe qui a érigé la sculpture la plus laide sur sa place centrale :

statue maastricht

Elle mériterait d'ailleurs de figurer sur ce site.

La plus belle carte postale de Luxembourg

Je me suis toujours demandé si les personnes qui achètent et envoient les cartes postales où la famille Grand-Ducale étale son bonheur pepsodent étaient sérieuses ou bien ironiques. En tout cas, la carte que je viens de recevoir pour mon anniversaire ne laisse planer aucun doute :

carte postale luxembourg

Sympathique, non ? Je ne sais pas où elle a été achetée, mais je vous assure que je ne l'ai pas trafiquée avec Photoshop.