Il y a un certain nombre de gens dans la vie qui, apparemment, ont des problèmes pour trouver que faire de leur pognon. Un peu comme dans le film Blow (bonjour les références cinéphiles... c'est juste qu'il est passé hier à la télé belge) où on voit Johnny Depp ne plus savoir où mettre les millions de dollars qu'il gagne dans sa petite entreprise d'import-export avec son pote Pablo Escobar: il entasse les billets qu'il ne prend même plus la peine de compter (il les pèse, ça va plus vite, 10 kg = 1 million de dollars, au cas où vous chercheriez un outil de conversion, j'ai pas vérifié). Il les entasse, disais-je donc avant d'être interrompu par ma digression, dans des cartons, dans la cuisine, dans la cave et même dans les toilettes.
A Luxembourg, c'est différent (ben oui, c'est que de l'argent propre) mais quand on voit ce que certaines banques pratiquent comme mécénat culturel, on est en droit de se poser quelques questions sur les motivations profondes qui peuvent pousser une grande institution financière à décorer son jardin avec des slips kangourou géants en acier trempé.

Alors, on se dit, "mais suis-je bête, c'est de l'art". En plus ça s'appelle Adam et Eve, très second degré. D'accord pour le clin d'oeil.
Malgré la fine pluie et les 12° (oui, à Luxembourg, un été caniculaire ça veut dire qu'on peut se passer de sa polaire jusqu'à 17h en juillet), je continue donc ma petite promenade dans ce petit parc. Et là, message subtil sous la forme d'une deuxième sculpture :

C'est pas très gentil pour les moustiques, tout ça. Mais, suis-je bête, c'est de l'art. L'important c'est pas que ce soit beau ou qu'il y ait un message (là, c'est quoi : "les nazis sont méchants" ?), c'est que ce soit marquant pour que tu retiennes le nom de l'artiste et qu'il puisse en vendre un petit paquet. Le concept, coco, le concept. Ha, oui. Le concept. Ben, tiens, histoire de bien terminer la promenade, en voici en voilà du concept :

Là, ça interpelle grave, coco. Les références à Marcel Duchamp, aux ready made, à la société de consommation, à l'art comme marchandise. Tu vois ? Heu, franchement, je me demande juste comment ils ont fait pour partir de chez Auchan avec les caddies ? Ils ont dû y laisser un paquet de pièces de 1 euro, tu crois pas ? Surtout quand tu sais que maintenant t'es même obligé de payer tes sacs en plastique.
A ce rythme là, je me demande si j'irais pas manger second degré un gros big mac, avant d'écouter, au second degré, un CD de Bon Jovi et de regarder (toujours au second degré, suivez un peu) "les superstars du catch" ou "très chasse très pêche" à la télé. D'ailleurs, en 2001, les élections présidentielles en France, Le Pen au second tour, c'était du second degré. Et hier, les 35 mecs qui voulaient faire exploser des avions au-dessus de l'Atlantique, c'était aussi du second degré, faut pas tout prendre au pied de la lettre.
Les gens ne comprennent rien.