20 janvier 2007

L'étudiante

Quand nous terminons la corvée des courses alimentaires, nous passons toujours au rayon CD et DVD de la grande surface pour voir si on ne se laisserait pas tenter par un petit achat plaisir. Après s'être battus contre des armées de caddies, avoir réussi à détacher et décoller les sacs plastiques du rayon fruits et légumes, avoir cherché pendant 10 minutes où se trouvait l'anticalcaire pour lave-linge, on a bien le droit d'alourdir la douloureuse de quelques euros.
Vendredi soir, ma femme d'amour, qui est une femme quand même et donc avec laquelle je ne partage pas forcément l'intégralité des goûts cinématographiques, a déniché une nouvelle preuve que, décidément, les navets du monde entier se réincarnent tous en DVD first prices dans des rayons de supermarchés. 9 euros pour l'Etudiante, c'était une occasion rêvée de redécouvrir un des films qui ont bercé son adolescence de belge romantique.

Pour apprécier pleinement ce film et ne pas le ranger immédiatement dans le bac à légumes, il faut toutefois se replacer un peu dans le contexte. Nous sommes en 1988, Claude Pinoteau et la Gaumont ont déjà amassé des paquets incroyables de pognon en réalisant et produisant "La Boum", "La Boum 2" après "La Gifle" (ou Adjani tenait le rôle de Sophie Marceau sans le savoir). Visiblement, ils comptent bien pousser le bouchon un peu plus loin et rempiler les films avec Sophie Marceau à tous les âges de la femme, jusqu'à la maison de la retraite si possible ("la Ménopause 2" devrait sortir en 2020). Là, Sophie, alias Valentine, joue le rôle d'une étudiante (on ne s'y attendait pas) qui prépare l'agrégation (elle porte des lunettes, trop bonne idée de costume) et qui tombe amoureuse (non, c'est pas possible) de Vincent Lindon. Ils s'aiment mais leur amour est difficile car ils sont tellement différents. En plus Vincent doit dormir dans des Sofitel à Mulhouse et à Grenoble, ce qui est nul, et déconcentre Sophie qui, du coup, fait même des contre-sens sur des versions de Virgile. La honte. C'est à peu près tout mais ça a déjà marché alors pourquoi se casser la nénette avec des rebondissements ? Quelques gros plans de Sophie Marceau le regard vague (amoureux ?) devraient permettre de tenir l'heure et demie réglementaire : Sophie à la gare de Dijon, Sophie dans un café, Sophie sur un canapé, Sophie en train de se brosser les dents sous la douche, ou de réviser ses cours dans la cuisine, et même une scène furtive où on verra ses seins (qui n'étaient pas aussi célèbres en cette époque pré-Julien Clerc et pré-festival de Cannes). Pour mettre toutes les chances de son côté, le réalisateur a décidé de reconduire également l'équipe gagnante de ses derniers succès :
Vladimir Cosma est chargé de pondre une mélodie sirupeuse pour accompagner l'histoire d'amour à tous les moments clés (et Dieu sait qu'il y en aura : la 1° rencontre dans un téléphérique à Méribel, la 2° rencontre dans le métro, le premier baiser, le second, la nuit d'amour, le matin dans la salle de bain, la pseudo-rupture, les retrouvailles... et, comme si ça ne suffisait pas, Vincent Lindon joue le rôle d'un musicien, ce qui va donner l'occasion de se régaler dans des scènes de concert d'anthologie). Le morceau qui ne quitte pas le film s'appelle "You Call it Love" et
Côté dialogues, Danièle Thompson se charge de nous livrer des répliques à mourir de rire comme, par exemple :
- Vincent Lindon : "Je joue de la musique à contre courant : un peu Jim Morrison, un peu Elton John." (on a du mal à croire à ce couple un peu contre nature et, pourtant, les passages musicaux qui suivent semblent effectivement le fruit de cette union improbable entre le père de Candle in the Wind et celui de Riders on the Storm... Evidemment, Vincent joue du synthé)
- Sophie Marceau : "J'adore Tom Waits !"
- Vincent Lindon : "Tu connais Tom Waits ?" (Je ne sais pas si toutes les adolescentes se sont ruées sur Rain Dogs à la sortie du film, mais elles ont dû être surprises si elles s'attendaient à la musique de la Boum)
- Sophie Marceau : "Oui, et aussi Phil Collins, je suis très sélective" (Ca va, tu ratisses quand même assez large)
Le film a dû connaître un certain succès puisque, dans la jaquette du DVD, on a même droit à la version japonaise de l'affiche. Sacrée Sophie, je t'adore aussi, même si je suis très sélectif.

1 commentaires:

Paulo lobo a dit…

ok c'est un nanar
mais quand on a été amoureux de sophie ... on pardonne tout, et on se dit que la vie est faite de petits riens débiles et qu'on les regrettera certainement plus tard ...