13 janvier 2007

Panini's Paradise


Les temps modernes et la civilisation nous apportent un progrès de plus en plus rapide, des nouveautés de plus en plus rapprochées, des découvertes tous les jours de besoins dont on ne soupçonnait même pas l'existence la veille. L'inflation du nombre de lames sur les rasoirs manuels, par exemple, dont je viens d'apprendre qu'on en mettait maintenant 5+1 sur un seul rasoir (avec ou sans pile, parce que maintenant même les rasoirs mécaniques marchent à pile) nous permet par exemple à nous, les hommes poilus, d'atteindre une extase de douceur et de glisse tous les matins.
Mais s'il est un domaine où on a également beaucoup progressé ces dernières décennies, c'est bien le sandwich. Quand j'étais petit, à la fin des années 70, il n'existait que le jambon-beurre, le saucisson-cornichon ou, pour les plus téméraires, le sandwich au paté, voire aux rillettes. Puis sont apparus des pains américains, avec plein de frites et de ketchup, rapidement suivis par des hamburgers, au début des années 80. C'était l'époque où on cousait des petits drapeaux des USA sur nos jeans. L'homme le plus cool du monde s'appelait Fonzie et Goldman chantait le rêve américain.
A la fin des années 80, les kebabs ont commencé à arriver dans ma ville de province. Salade, tomates, oignons et sauce blanche, avec un peu de harrissa. Le sandwich se faisait oriental. Peu après, dans les années 90, une réponse européenne peu convaincante était lancée par la Suède avec des "polars", mélangeant saumon, aneth et mayonnaise dans un pain au goût d'éponge, et par l'Italie avec ses paninis, qui n'évoquaient dans mon enfance que les albums où on essayait toujours de refiler les vignettes des joueurs du FC-Metz contre ceux de l'AS-Saint Etienne (Lyon était en D2, c'était la belle époque). Aujourd'hui c'est peut-être le "wrap" le dernier avatar de la restauration sur le pouce. A 5 euros la crêpe froide, c'est un bon placement pour les marchands de soupe. Le pain-saucisse-moutarde luxembourgeois n'a pas connu une aussi belle gloire internationale mais, qui sait, peut-être un jour...
Cette longue introduction, c'est pour vous dire que j'ai récemment découvert le paradis du panini (du panino ?). Si vous croyez, comme moi avant, que les panini ne sont que des baguettes mal cuites aplaties sous un grill et renfermant du jambon en plastique et de la mozarella fabriquée dans la même usine, je vous encourage vivement à entrer à la "Bottega dei Sapori". Cette petite boutique qui ne paie pas de mine, au rez-de-chaussée d'un horrible immeuble du Boulevard Royal, bien cachée derrière les échafaudages, est vraiment une adresse sympa pour une pause déjeuner en centre ville. Le pain y est bien épais et croustillant, les charcuteries sont savoureuses et tranchées lors de la commande, les feuilles de roquette sont ajoutées après cuisson pour éviter qu'elles défraîchissent à la chaleur. Et, évidemment, le café y est excellent.

3 commentaires:

Paulo Lobo a dit…

j'ai pris note de l'adresse
ça me tente

Séb Ulysses a dit…

Ca me tente aussi ras-le-bol des fischer et du maxi-parisien.

bnj a dit…

je confirme, les panini y sont excellents et ce n'est pas ma future épouse qui dira le contraire!