4 mois, 3 semaines, 2 jours, 1 palme d'or
On le sait, les femmes enceintes ont parfois des envies bizarres. Jusqu'à présent ma femme échappait à la règle, comme elle avait échappé aux nausées du premier trimestre. Et puis, curieusement, d'un coup, la semaine dernière, elle a eu vraiment une drôle d'envie : elle a voulu aller voir 4 mois, 3 semaines et 2 jours.
Bon, elle aime bien le cinéma à tendance sociale, style frères Dardenne et Ken Loach, mais là, franchement, le récit d'un avortement dans la Roumanie des années 80, j'avoue que je m'attendais à du glauque, je n'ai pas été déçu. Ce film n'a pas volé sa palme d'or : c'était encore pire que prévu. Une histoire sordide et triste, servie par des personnages révoltants d'impolitesse, d'inhumanité, de bêtise, de mollesse ou de cruauté (à l'exception de l'héroïne), dans une ambiance effrayante, magnifiée par un réalisme cinématographique qui ferait passer Rosetta, Dancer in the Dark ou Le Pianiste pour la 7° Compagnie fait du ski chez les nudistes. Malaise garanti. L'année prochaine, à Cannes, pour faire plus fort, il va falloir trouver un cinéaste afghan qui parle de camps de concentration, ou un Bolivien de derrière les fagots avec des scènes de torture et des enfants traficants de drogue.
Bref, on était un peu décalés en sortant de l'Utopia, en plein dans les odeurs de sucre et de friture émanant des derniers jours de la Schueber, sans parler de la séance ameublement de la chambre de bébé...
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire