10 septembre 2007

Meluxina


La ville de Luxembourg, et la banque qui partage avec elle le symbole du lion, organisent en ce moment, et jusqu'au 18 septembre, un son et lumière sur le thème de la légende de Mélusine. Rien à voir avec les voisins qui partent en vacances dans leur cave et se nourrissent de pizzas directement sorties du congélateur. Non, il s'agit d'une légende un peu plus ancienne. L'histoire de la fée Mélusine est à peu près universelle dans l'ouest de l'Europe, sauf que, ici, la femme à queue de poisson s'est baignée dans l'Alzette, est sortie avec le fondateur de la Stadt et a ouvert une discothèque à son nom quelques siècles après que son prince l'ait vue.

Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas vu de son et lumière. Ca n'a pas l'air d'avoir beaucoup évolué depuis mes souvenirs, si ce n'est que celui-ci est assez court (30 minutes). On a toujours des jaillissements enthousiastes, plein de couleurs, une histoire simple mais incompréhensible si on n'a pas lu le papier avant et, surtout, une musique horrible à base de Carmina Burana, de Vangelis et d'un mélange incertain entre Rondo Venezziano, Enya et Evanescence. Si, côté audio, on a quand même échappé à Jean-Michel Jarre, côté visuel on a eu droit à une débauche de laser et d'éclairages de toutes les couleurs magnifiés par des jets d'eau (de plus de 50 mètres disent les prospectus, c'est bien possible). L'originalité du show illuminant la corniche et les casemates tenait principalement à deux trouvailles : d'une part, mélanger la pluie aux jets d'eau pour faire un rideau de goutelettes dans lequel les lumières se projettent et, d'autre part, joindre au son et lumière une troisième simulation, olfactive. Même si ce que le metteur en scène a voulu dire de la fée avec les parfums d'oignon frit et de saucisse reste un peu mystérieux.

Ceci dit, je ne voudrais pas paraître négatif : le cadre est magnifique, ça change des traditionnels feux d'artifices, l'organisation est réussie et on en a pour son argent, puisque c'est gratuit. Il suffit de retirer ses tickets à la Rotonde, à l'Abbaye de Neumunster ou à l'Office de Tourisme. En plus, on peut découvrir des talents luxembourgeois en concert avant le spectacle, quand même labellisé "Capitale Européenne de la Culture" - au même titre, sans doute, que la Schueberfouer... Nous avons eu droit ce soir à Legotrip, un groupe visiblement influencé par Pink Floyd, avec des extraits de discours de Jean-Claude Junker dans leur chanson phare (oserais-je dire leur tube ?).

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Je pense que tu nous résumes bien la situation : une impression de fouilli, une histoire sans histoire, bref une suite de sons et lumières sans cohérence mais c'est joli ;-)

Vincent de Lux.

dramelay a dit…

Et le laser qui représente le logo d'ING à la fin, c'est une première pour moi...
Pour le reste , ca m'a fait penser à du JM Jarre mouillée, les laser étaient en trop, les projections bien mieux.

Steph a dit…

Quelques remarques de qqn qui travaille pour l'année culturelle:

- Moi aussi ça m'étonne quelque peu, l'évenement à rameuté plus 20000 personnes en une semaine. Ca fait peu comparé aux 2 millions d'amateurs de gromprekichelcher dont tu es, mais par rapport à un évenement en plein air par ce(s) temps(-ci), c'est vraiment pas mal;

- la Schouberfouer n'était pas labelisé Luxembourg2007.(Dommage, 2 millions de visiteurs en moins sur nos listes);

- On lit régulièrement tes chroniques, surtout quand tu parles de l'exit07:)