28 février 2007

Douaniers Sans Frontières


Des effluves de psychotropes se mêleraient-elles aux odeurs de tabac mouillé émanant de l’usine de la rue de Hollerich ? Serions-nous tous sujets à des hallucinations collectives lorsque nous traversons le poste frontière de l’autoroute séparant la France du Luxembourg ? Je ne suis pas le seul à y voir des douaniers alors que, selon ce site tout ce qu’il y a de plus sérieux, « les postes de postes de contrôle aux frontières entre les États de l’UE ont disparu en 1993 » et « Les contrôles aux frontières intérieures ont également été supprimés. Aussi les fonctionnaires des douanes ne se trouvent-ils plus qu’aux frontières extérieures de l’UE ». Alors, des médecins sans frontières, des reporters sans frontières, des ingénieurs sans frontières, des pharmaciens sans frontières, des vétérinaires sans frontières, tout ce que vous voulez, d'accord, mais des douaniers, là, ça semble un peu louche.

Pourtant, pour un mirage, c’est vachement bien fait, surtout que des voitures sont parfois immobilisées sur le bas côté et qu’il y a même, de temps en temps, des petits plots pour faire passer les voitures sur une seule voie (de préférence lors des départs en vacances). N’ayant jamais eu l’impression qu’un de ces douaniers hallucinatoires me faisait signe de m’arrêter, je n’ai pas eu l’occasion de vérifier s’ils étaient réels ou pas.

Il me restait donc deux solutions pour épancher ma soif de savoir :
  • Acheter une Mercedes break beige de 1982, la remplir à ras bord, mettre des lunettes de soleil et passer à 120 km/h la prochaine fois que le phénomène optique se produit ;
  • Me renseigner un peu autour de moi.

Je ne suis pas joueur, j’ai donc choisi la seconde solution, en comptant bien sur les commentaires pour confirmer (ou pas) mes conclusions.

Après avoir consulté un peu la législation (les fans des directives européennes et du Journal Officiel devraient trouver l'extase dans la lecture du Code des Douanes), je crois pouvoir aujourd’hui affirmer que les douaniers ne sont pas l’objet de la fertile imagination des occupants des 100 000 voitures transitant quotidiennement par ce point de passage. Les postes de douanes sont supprimés mais pas les contrôles mobiles. Et comme les douaniers ont le choix entre se geler les miches dans une Mégane garée sur une aire d’autoroute ou attendre dans un poste frontière bien équipé avec vue imprenable sur la riante campagne Dudelangeoise, on comprend aisément qu’ils aient tendance à préférer la seconde solution. D’autant plus que certains biens (alcool, tabac, animaux, argent liquide, végétaux, armes) sont toujours soumis à certaines limites même au sein de l’Union, et même au sein d’un pays donné, d’ailleurs.

En plus de démonter les portières des pauvres Maghrébins qui ont mis 4 heures à charger leur voiture et à qui il reste encore à peu près 80 heures de route avant d’arriver à destination ou d'interroger tous les jeunes de moins de 20 ans roulant en 205, suspectés de rentrer de Maastricht avec du tabac qui fait rire, les douaniers oeuvrent également pour le bien de la nation. Ainsi, parmi leurs attributions rentrent l'élaboration des statistiques du commerce extérieur, la lutte contre les contrefaçons et la protection des espèces en danger. A quoi on a envie de rajouter « y compris eux-mêmes » car il serait dommage que disparaisse de l’inconscient collectif français l’image d’Epinal du fonctionnaire moustachu à l’accent forcément méridional, même s’il officie aux confins des Ardennes.

Terminons avec une petite anecdote : La frontière entre la France et le Luxembourg a été modifiée 3 fois depuis 1960, et elle va bientôt l’être une quatrième pour permettre l’aménagement de la zone économique « Esch Belval » : les deux pays vont échanger 8,5 hectares de terrain (inhabités, sinon ça aurait fait drôle aux gens qui auraient changé de pays sans déménager…)

27 février 2007

L'Avis des Autres


Dire du bien d’un film qui fait l’unanimité parmi la critique (depuis le Figaro jusqu’à l’Humanité, en passant par IMDB où il est classé 194° meilleur film de tous les temps, devant M le Maudit et Arsenic et vieilles Dentelles, rien que ça), c’est un peu comme faire une chronique pour signaler qu’on mange très bien dans un trois étoiles Michelin.

Dire du bien d’un film sorti ici il y a presque un mois et qui a reçu un Oscar et 27 prix internationaux, c’est faire preuve d’une originalité à peu près équivalente à celle d’un album de Bryan Adams ou de Renaud.

Trouver passionnante l’histoire de l’honnête homme qui fait son travail, même si c’est un travail de bourreau, l’histoire de cet espion malheureux qui devient public de l’écrivain et de la comédienne qu’il surveille, cette histoire tellement humaine qu’elle est snobée par les Inrocks qui trouvent que « le film épouse une mécanique laborieuse et dissémine ainsi tout son beau potentiel cinématographique et romanesque » (c’est clair que le dernier Lynch est vachement moins laborieux), c’est enfoncer une porte ouverte avec un char d’assaut.

Et pourtant, je vais vous le donner mon avis à moi : La Vie des Autres c’est le meilleur film que j'aie vu depuis longtemps, les acteurs sont épatants (Ulrich Mühe, qui joue HGW est capable d’être expressif sans bouger son visage, ce qui est assez fort !), le scénario excellent, les personnages bien construits, les dialogues et les détails soignés. Il y a peut-être quelques longueurs aux 2/3 du film mais, franchement, allez tous le voir, surtout les blogueurs qui feront peut-être, comme moi, le parallèle entre leur activité volontaire et les rapports indiscrets établis par la Stasi sur la vie privée des Allemands de l'Est.

26 février 2007

Tendance Lo-Tech

Si j'en crois les commentaires, parler des rasoirs ou des GSM plaît beaucoup plus que des sujets comme le Grand Duc ou les Gromperekichelcher. Alors voilà, continuons la série « la panoplie de l’homme moderne » (et de la femme aussi, je ne suis pas sexiste, mais pour les rasoirs vous êtes moins concernées mesdames). Le sujet d’aujourd’hui est l’agenda : électronique ou analogique ?

Travaillant dans une entreprise dont un des buts est de faire disparaître le papier de la surface de la terre (sauf le Moltonel épaisseur triple, qui ne rentre pas dans nos compétences), il est curieux que mon agenda soit un gros organizer à anneaux, fonctionnant avec un crayon mine et des recharges annuelles. Ceci dit, puisque mes lecteurs confirment que le fin du fin du monde moderne est de ne pas avoir de portable, ou sinon un qui ne sonne pas, et de se raser avec un coupe-chou, je me sens moi aussi à la pointe du progrès :


Il faut dire que mon modèle est équipé :

  • D'un stylet à mines graphite avec gomme intégrée, ne nécessitant aucune adaptation de l'écriture ;
  • D'une cartographie Benelux, Europe et même monde entier, en couleurs s'il vous plaît ;
  • D’un support 24x7 avec kit de réparation intégré (à base d'œillets et d'autocollants de renforts fournis lors de l'achat) ;
  • D’une interface de communication avec mon ordinateur personnel, mon téléphone, mon bureau et même mon frigo ;
  • D’une gestion des plannings avec vue année/mois/semaine/journée ;
  • D’un délai de mise en route nul et d’une consommation électrique équivalente, assurant ainsi une autonomie illimitée ;
  • D’un système d’index perfectionné pour accéder directement aux événements du jour ;
  • D’une gestion des contacts intelligente, avec répertoire 26 lettres et porte cartes de visite, interdisant toute contamination par des virus.

Allez en trouver autant sur un Palm ou un iPaq, surtout à des tarifs équivalents. Comme, en plus il ne bippe pas et qu'il ne tombe jamais en panne, c’est le compagnon idéal d’un téléphone portable oublié au fond d’un sac ou du parfait geek Amish. Surtout que maintenant je sais que je suis définitivement hors du coup, puisque la tendance hi-tech du moment c'est d'avoir des jantes 34 pouces à 2 millions de dollars.

25 février 2007

Another Brick in the Wallonie


Ce week-end a débuté à Bruxelles le salon Batibouw. Si l'Autofestival est clairement la foire la plus populaire de Luxembourg (le nirvana de la jante alu), le Salon de l'Agriculture le plus célèbre de France, c'est ce salon de la construction qui attire le plus nos voisins belges.
L'édition 2006 de Batibouw a accueilli 370 000 visiteurs. Sur les 10 000 000 d'habitants du pays, c'est énorme ! En comparaison, le fameux salon de la vache charollaise et du fromage de chèvre cité plus haut n'en attire "que" 500 000 ! On comprend l'expression locale "avoir une brique dans le ventre" quand on voit les énormes embouteillages à proximité du Heysel, où se tient la manifestation.
Jusqu'à dimanche prochain, il est possible de découvrir les nouvelles tendances du béton armé, des salles de bain ou de la laine de verre. Et, bien sûr, de sa majesté la brique, qui recouvre ici toutes les maisons, les églises et les édifices publics dans un camaïeu allant du jaune au rouge vif, quand elle est propre, voire au noir après quelques années sous les intempéries, ce qui contribue à rendre les rues de certaines villes vraiment déprimantes pour un Français comme moi, habitué au crépi blanc sous le soleil.
D'un naturel peu sensible aux charmes des bétonnières électriques, des charpentes alu ou des pompes à chaleur réversibles, le fait qu'on puisse avoir cette fameuse brique non seulement sur ses murs mais également dans son ventre (autrement qu'en mangeant trop de raclette) reste pour moi une énigme. Mais, enfin, je me suis renseigné et, comme 78% des Belges sont propriétaires de leur logement (le taux le plus élevé d'Europe, contre 58% des Français, ou 72% des Luxembourgeois), ils doivent effectivement sentir un besoin impérieux d'aller s'entasser dans le couloirs du parc des expositions pour trouver de quoi chipoter dans leur villa à Knokke le Zoute ou leur deux pièces à Charleroi.

23 février 2007

Toujours plus

Il n’est pas besoin de comparer le crâne de Thuram avec celui de l’homme de Cro-Magnon pour se rendre compte que la pilosité de l’homme n’a fait que décliner depuis quelques centaines d’années. D’ailleurs, sur un crâne, le constat serait difficile, merci de la remarque.

Et, pourtant, quel est le produit phare de ce début d’année ? La révolution qui va changer la face de l’homme (au propre comme au figuré) ? Evidemment, même les plus glabres de mes lectrices auront répondu « le rasoir Gillette Fusion », dont les publicités semblent avoir envahi jusqu’aux émissions pour enfants, entre Dora l’exploratrice et Bob l’Eponge.

Voilà donc le paradoxe de cette année : les hommes sont de moins en moins poilus et les rasoirs comportent de plus en plus de lames. Pas besoin d’être un grand économiste pour comprendre que c'est au nom de la croissance que les voitures de nos jours ont 6 vitesses quand celle de mon père en avait 4, le papier toilette a depuis longtemps des épaisseurs triples, les hamburgers ont de plus en plus de tranches de viande, les céréales ont de plus en plus de vitamines et nous avons tous envie de vivre plus vieux, d’avoir des appartements plus grands, des salaires plus élevés, des PC avec de plus en plus d’espace disque, des téléphones portables avec des sonneries de plus en plus polyphoniques et des trains qui vont de plus en plus vite. Après tout, tant qu’il y a de la place pour tout le monde et tous ces trucs de plus en plus gros (ou de plus en plus petit, d’ailleurs, ça marche aussi, la croissance c’est parfois dans les deux sens), pourquoi pas.

Mais là, la profusion d’arguments scientifiques, d’images de synthèse et de prix Nobel du poil en blouse blanche ne trompe évidemment personne, surtout quand on apprend au fil de la publicité que le rasoir à 5 lames en comporte... 6, et que comme il est manuel, on peut y mettre... une pile électrique. On est bien dans le domaine du marketing à outrance et du « plus produit » qui permettait dans le temps de faire des nœuds à ses vêtements avant de les passer à la machine.

Alors, quitte à avancer des imbécillités comme la « réduction de la pression de la lame sur la peau » et la « diminution des irritations du visage grâce au système exclusif Gillette fusion », pourquoi par créer, messieurs les vendeurs de soupe, des :

  • Fourchettes à 9 dents, pour mieux piquer dans les saucisses ;
  • Voitures à 6 roues pour une meilleure tenue de route ;
  • Montres à 12 aiguilles pour ne pas avoir à changer de fuseau horaire ;
  • Gants à 30 doigts pour répartir la transpiration des phalanges ;
  • Brosses à dents à 2 têtes pour brosser d’un seul coup le dessus et le devant des dents (d'ailleurs 3 têtes ce serait plus intelligent, mais c'était plus dur pour l'illustration...)

20 février 2007

Téléphone insupportable


La semaine dernière, je mangeais tranquillement au restaurant avec ma femme, quand j'ai cru avoir une crise cardiaque. Nous étions en effet installés dans une atmosphère douillette, au calme. On se disait qu'il n'y avait rien de tel qu'un lendemain de St Valentin pour un dîner paisible en amoureux. Soudain, donc, nos tympans ont été assaillis par une guitare électrique poussée à des volumes sonores que je n'avais plus vécus depuis le concert de Muse à l'Atelier. Nous ne nous y attendions pas, ce n'est rien de le dire, puisqu'aucun des autres rares clients de l'établissement n'avait l'air d'un membre de Metallica et que s'il y avait un groupe de hard-rock dans la salle, il était bien caché derrière les tentures en velours.

L'agression sonore a duré 5 secondes, le temps que l'Anglais derrière nous appuie sur la touche verte de son téléphone portable. Oui, vous avez bien lu "verte", le monsieur a dû se dire que, quitte à être malpoli autant l'être jusqu'au bout, et décrocher en plein repas pendant que son collègue de travail pouvait compter les petits pois dans son assiette. N'étant pas très au courant des nouveautés technologiques en matière de GSM, je savais bien qu'on avait réussi à caser des appareils photos dans ces appareils, mais j'ignorais qu'il existait également des modèles équipés d'un ampli Marshall de 80 watts.

Le plus étonnant, dans cette anecdote, c'est le look de cet homme qui a choisi comme sonnerie de son téléphone cellulaire des mesures de Slipknot ou Motorhead (désolé pour mon inculture dans ce domaine, je n'ai pas très bien identifié l'artiste) : costume cravate, la cinquantaine, lunettes fines et chemise bien repassée. J'avais bien remarqué que chez cette race d'humains, dont je fais partie, qui va travailler costumé, les espaces vestimentaires de libre expression personnelle étaient assez restreints. Vous pouvez marquer votre adoration pour les dessins animés de qualité en arborant une cravate Simpson, votre côté kawaï avec des boutons de manchette "Hello Kitty", voire votre excentricité avec une doublure de costume rayée verte et rose, mais tout cela reste très codifié et pas forcément du meilleur goût. Surtout pour les cravates (il faudra que je fasse un jour une chronique sur le musée des horreurs des cravates).

Mais je n'avais jamais réalisé que l'homme d'affaire du 3° millénaire disposait d'un nouveau moyen d'expression de sa personnalité au travail : la sonnerie de téléphone. Ce gadget inutile chez les adolescents (à quoi bon rajouter la sonnerie Eminem quand tu as déjà le survet à capuche, les piercings et le baggy...) prend toute sa mesure d'affirmation de l'égo dans le milieu policé des open spaces et des couloirs d'entreprise.

Histoire de faire intello, j'ai mis la version de Coltrane de "My Favorite Things", mais mes collègues croient que ce sont des bruits de klaxons (ceci dit, la qualité de l'enregistrement laisse un peu à désirer). Et vous, vous avez choisi quoi ?

19 février 2007

Tout Repos mérite Salaire


En ce lundi de carnaval, il semble opportun de rendre hommage, ici, à l’imagination sans limite des forces vices du Luxembourg, surtout dans les banques, les administrations et les entreprises originaires du Grand Duché.

En effet, comme ici on n’a pas le droit de fêter la fin des guerres, on travaille le 11 novembre et le 8 mai. Par contre, on récupère le lendemain de Noël (la « Saint Etienne ») et le 23 juin pour notre fête nationale. Enfin, celle du Grand Duc mais il partage. Et comme, en plus, tout jour férié tombant un jour non ouvrable se transforme en un jour de congé, on peut donc considérer que, bon an mal an, nos jours fériés s’équilibrent avec ceux de nos voisins.

Mais ce n’est pas si simple, car il existe également des jours fériés "d’usage", auxquels vous aurez droit ou pas en fonction de l’entreprise dans laquelle vous travaillez et également selon les éventuelles conventions collectives de votre secteur :
  • Lundi de carnaval : pour préparer des Verwurelter, ces petits beignets en forme de nœuds qui vous feront regretter d’avoir acheté un jean un peu serrant pendant les soldes en pariant sur le fait que vous alliez perdre 5 kg d’ici le printemps ;
  • Vendredi de pâques : c’est vrai, il y a bien le lundi de Pâques, alors pourquoi pas le vendredi saint ? D’ailleurs, pourquoi pas également le jeudi saint et puis toute la semaine sainte et le carême tant qu’on y est ?
  • Lundi de la Schuberfouer : on voudrait nous pousser à manger des gromperekichelcher et à boire de la Bofferding, que l’on ne s’y prendrait pas autrement.
  • Le 2 novembre : c’est le lendemain de la veille, rappelons s’il en était besoin, que Luxembourg a inventé Halloween qui a ensuite été copié par les Américains.

Il faudrait rajouter une fête de la communauté française, une pour la communauté germanique, une autre pour la communauté portugaise, une pour le Buergbrennen, une pour la fête des Noix à Vianden, une pour la fête des hauts-fourneaux d’Esch-sur-Alzette, une pour la mémoire de chaque membre défunt de la famille grand ducale, et une pour le festival de musique de Wiltz et ce serait parfait. D’ailleurs, comme on n’a pas droit au jour de jeûne genevois, ni à la journée d’action de grâces des Canadiens, ni à la fête de l’Iris des Bruxellois, on s’est rajouté, pour compenser le surplus de travail, une série de primes. Là aussi, on remarquera le système à géométrie variable qui donne ainsi droit, ou pas, en fonction de l’endroit où on travaille, à :

  • Une prime d’ancienneté et un 13° mois : classique, jusque là, mais ça fait toujours plaisir.
  • Une prime de conjoncture : déjà, c’est plus original. Votre employeur vous attribue une prime quel que soit votre travail, juste parce que la situation économique du secteur est satisfaisante. Sympa, non ?
  • Une prime de ménage : pas de surmenage, c’est pour les banques, alors avec la pointeuse ça risque pas.
  • Un pécule de vacances : j’adore ce nom, ça fait très « va voir Mamie, elle te donnera un billet pour tes congés ».

Au fait, un détail significatif de l'importance des "acquis sociaux" au pays du grand Capital : notre premier ministre, Jean-Claude Juncker, qu'on aura du mal à faire passer pour un Marxiste-Léniniste, est syndiqué depuis plusieurs années.

La Gazette des Rois


Lorsqu’on habite une monarchie, fût-elle constitutionnelle, il devient légitime de s’intéresser à des lectures qu'on croyait jusqu’alors réservées à la salle d’attente des cabinets de dentiste ou aux vestiaires des figurants du Puy du Fou. Je pense même qu’il devrait être obligatoire pour tous les francophones du Luxembourg de lire régulièrement le magazine « Point de Vue ». Pour tous ceux qui n’ont pas la chance de connaître cette publication du plus haut intérêt, voici une présentation rapide de cette gazette au charme suranné, à laquelle Stéphane Bern, par ailleurs originaire du Luxembourg, a tout piqué.

Ici, pas de seins nus, pas de sauvageons ni de reportage sur la dernière tournée de Diam’s mais des robes haute couture, des diadèmes en platine et des tournois de polo. Entre ces pages où les petites filles portent des cols Claudine et des serre-têtes en velours et où les petits garçons n’ont pas de pantalon baggy mais le même bermuda que leur arrière grand-père, le temps passe moins vite, les fleurs ne se fanent jamais et, comme plein de pages sont consacrées à des célébrités dont vous ne soupçonniez même pas l’existence (la 11° duchesse de Cadaval, la milliardiaire américaine Brook Astor...), il est difficile de juger de la fraîcheur des actualités proposées. Toutefois, il y a des petites indices pour vérifier que vous ne vous êtes pas fait refiler un vieux numéro d’il y a 20 ans:
  • Ce n’est plus Diana qui est systématiquement en couverture mais la princesse Mathilde : même s’il n’y a qu’une page sur elle dans le magazine, même si c’est juste pour nous annoncer qu’elle s’est cassé un ongle ou qu’elle a fait un huitième enfant, elle fait la une parce qu’elle est gentille, belle et que c’est la préférée de nos amis belges. Ca assure donc de meilleures ventes qu’un portrait de Stéphane Bern.
  • Il y a 2 grilles de Sudoku dans la page de jeu : même si on a dû réduire la place dévolue aux problèmes de bridge, le magazine a accepté cette concession à la modernité. Dorénavant, même les têtes couronnées peuvent occuper le temps passé sur le trône à aligner des chiffres de 1 à 9.
  • Dans les sublimissimes « reportages » sur les soirées des jeunes de la noblesse versaillaise ou bruxelloise, où des gamins de 17 ans prennent des pauses de Prince William avec un foulard en soie sous le col de leur chemise Ralph Lauren, en se pressant pour être pris en photo avec, sous le bras, leur future épouse (ou leur cousine) (ou les deux à la fois), on remarque tout de même, malgré l’anachronisme et le vulgaire de l’objet, des téléphones portables.

Au-delà des clichés sur ce magazine, je dois dire qu’il y a aussi des pages intéressantes, qui parlent d’histoire et d’art et puis, avouons-le, on n’est pas submergés de pages de publicité.

La semaine prochaine, dans un autre style mais s'adressant toujours à un public de spécialistes, nous étudierons la question "Est-il normal que je n'aie jamais entendu un seul des groupes incontournables cités dans le dernier numéro des Inrockuptibles ?"

15 février 2007

Prix au Kilo

Dernièrement, on l'aura remarqué, je fais des efforts pour poster régulièrement des petites chroniques. Le blog c'est comme la piscine ou la guitare, si on ne s'astreint pas un minimum de discipline, si on ne se force pas à se tenir en éveil pour trouver un sujet intéressant, si on n'écrit pas régulièrement, la flamme s'éteint petit à petit. Cet exercice régulier, j'imagine qu'il doit être le même pour les écrivains, avec pour eux, en plus, le talent et la contrainte que c'est leur gagne pain. S'ils ne sont certainement pas payés à la ligne, on peut quand même remarquer que, cette année en tout cas, les prix littéraires ont été attribués à des ouvrages boxant dans la catégorie poids lourds :


A ma gauche, se lisant de gauche à droite, les Bienveillantes de Jonathan Littell, vainqueur du Goncourt 2006 et du prix du roman de l'Académie française. 900 pages d'une fausse autobiographie où un ancien officier nazi raconte sa vie d'il y a 60 ans. Des histoires de vieux fantômes, de femmes pendues, de mal, de perversion et de guerre. Tout cela raconté froidement par un jeune auteur dont c'est le premier roman. Le texte est dense et réfléchi, les idées sont développées avec brio et méthode. Le narrateur nous rappelle que nous aurions pu tous être des bourreaux.

A ma droite, se lisant de droite à gauche, NonNonBâ de Shigeru Mizuki, meilleur album 2006 au festival d'Angoulême de cette année. 420 pages d'une autobiographie non avouée où un petit garçon raconte sa vie dans le Japon d'il y a 70 ans. Des histoires de yokaï (des sortes d'esprits japonais, comme dans "mon voisin Totoro"), de vieille femme, d'innocence de l'enfance, de chagrins et de batailles entre bandes. Tout cela raconté avec empathie par un auteur de 85 ans qui écrit des mangas depuis 50 ans. Le dessin semble un peu maladroit et spontané, les sentiments et l'atmosphère générale l'emportent sur la virtuosité. L'auteur nous rappelle que nous avons tous été des enfants.

Je ne peux pas vous donner le résultat du match, déjà parce que la comparaison est assez saugrenue, et ensuite parce qu'il y a un deux livres que je n'ai pas encore terminé. Devinez lequel !

PS : d'ailleurs, pour ceux qui ont une bonne centaine d'heures devant eux, voici un peu d'occupation...

La Pause Ostéoporose

On considère en général que le thé est la deuxième boisson la plus consommée au monde après l’eau. Luxembourg n’échappe pas à la règle, où il doit occuper la deuxième place juste derrière la bière, si on en croit la concentration de salons de thé dans la capitale : Oberweis, Namur, Schumacher, Bakes, Pains et Traditions... il ne manque pas d'endroits où faire sécher son parapluie et son lévrier afghan, tout en se réchauffant avec une tasse de café et, soyons fou, une énorme part de gâteau.

Calé dans une atmosphère bien douillette, au milieu de grands mères au cheveux blancs, vous pourrez faire une pause ostéoporose et discuter de la dernière collection hiver-hiver 2007 de Damart, trouver des places pour le prochain concert de Frank Michael, comparer les mérites respectifs de la Xantia et de la C5, échanger des DVD pirates des Feux de l'Amour et, surtout, regarder les mamies venues de Belgique pour déposer leurs millions d'euros en titres au porteur dans une banque du pays. C'est facile de les reconnaître, elles ont des gros carrés sur le visage (et leur chien aussi) :


Avant d'arriver ici, je ne me doutais pas qu'il existait des pays en Europe où les gens avaient encore des titres en papier et s'amusaient à venir au Luxembourg, qui fait partie comme on le sait des pays à la pointe de l'ingénierie financière, avec des sacs d'obligations pour y découper des coupons et les encaisser. J'avais bien vu des emprunts russes dans ma jeunesse mais, naïf comme je suis, j'imaginais que cela appartenait à un passé révolu. Hé bien non, mais ça ne devrait plus tarder puisque la Belgique a voté une loi dans ce sens, qui inclut un volet d'amnistie fiscale pour les bouts de papier ramenés pour être transférés sur des comptes bancaires et prévoit la fin en 2008 de ce système archaïque et propice à des transferts d'argents plus ou moins légaux. Surtout si vous avez 80 ans et un patrimoine à refiler à vos 28 petits enfants. Ou à Frank Michael.

Alors, moi, évidemment, je comprends qu'il faut lutter contre l'évasion fiscale mais a-t-on bien pesé les effets secondaires de cette dématérialisation des titres ? Qui dit plus de papier, dit plus besoin de se déplacer au Grand Duché. Qui dit plus besoin de venir ici, dit plus de visite au salon de thé en sortant de la banque. Qui dit moins de client dans les salons de thé, dit commerces qui périclitent, choix de gâteaux moins important, nivellement par le bas, et Brioche-Dorée-isation de tous les salons de thé. Alors, s'il vous plaît, messieurs les politiques, sauvez le Dacquois d'Oberweis et le Javanais de chez Namur et classez les salons de thé du luxembourg patrimoine gourmand de l'humanité.

13 février 2007

Cupide Cupidon


C'est la Saint Valentin et vous cherchez une idée originale pour votre amoureux. Ou votre amoureuse. Ou votre banquier. Tiens, d'ailleurs, il faut savoir être réceptif aux messages du quotidien (même quand ils arrivent sur un abribus) : et si l'idée orginale c'était plutôt de faire plaisir à quelqu'un qui ne s'y attend pas, au lieu d'offrir un bouquet de roses à votre chéri(e) ou de l'inviter à prendre 4 kilos au restaurant en écoutant les pires slows de Rod Stewart ?
  • Si vous vouliez offrir un bijou à votre dulcinée, il aura bien plus de prix un autre jour que le 14 février, alors choisissez plutôt un petit cadeau pour votre contrôleur fiscal.
  • Pensez un peu aux célibataires qui vont manger la moitié d'une boîte de raviolis en regardant 60 ans de chansons d'amour et envoyez plutôt la grosse boîte de Mon Chéri en forme de coeur à votre garagiste, de toute façon votre mec préfère les Ferrero Rocher.
  • En plus, les femmes d'aujourd'hui préfèrent recevoir un SMS qu'une lettre d'amour ou un bouquet de fleurs (il y en a même 5% à ne pas aimer recevoir un bouquet). Alors autant décorer le bureau de votre dentiste.
  • Si, exceptionnellement, vous préparez le repas de ce soir, vous allez vous faire engueuler parce que ce sera soit trop froid, soit trop cuit, soit parce que la cuisine ressemble à Pearl Harbor le 8 décembre 1941, alors autant inviter votre patron à la cafét de l'entreprise.
  • La Saint Valentin est une fête forgée à la mesure du pire conformisme catholicisme bien pensant. Elle consacre le couple fidèle, hétérosexuel, où l'homme est un prince charmant dépositaire de l'épanouissement de sa femme. Alors refusez ces clichés, ne transformez pas votre épouse en objet de désir en lui offrant des dessous chics, et allez plutôt vous mettre une mine et vous casser le bide en faisant une orgie de cassoulet avec des potes rugbymen.
D'ailleurs, pour montrer l'exemple, je vais passer la soirée en tête à tête avec une banquière... A moins que je ne sois en train de devenir anti-anti-Saint-Valentin.

Le Bateau dans le Parc

Quand j’étais petit, c’était il y a maintenant un certain temps. Si je ne devais citer qu'un exemple pour le prouver, que les jeunes générations se figurent, si elles le peuvent, que les gens s'amusaient avec un jeu vidéo où deux barres blanches bougeaient verticalement pour se renvoyer d'un bout à l'autre de l'écran une balle carrée de la même couleur. Là, j'ai essayé la Wii il y a deux semaines, et j'ai pris un petit coup de vieux en donnant des coups de poing virtuels à travers un living-room.

Quand j'étais petit, donc, les temps étaient différents :

  • Avec un double-décimètre et un stylo bic, on construisait un avion qui volait en rase-mottes au-dessus de nos pupitres (oui, j'avais un pupitre, j'avais même aussi une ardoise et un petit pot de colle Cléopatre qui sentait l'amande).
  • J'avais (déjà !) un téléphone transportable, orange, qui marchait à piles et me permettait d'appeler la chambre de mon frère, à l'autre bout du couloir (je l'ai cherché sur les sites spécialisés dans les jouets des années 80 mais je ne l'ai malheureusement pas trouvé).
  • Deux planches de bois formaient un puissant navire sur lequel je naviguais jusqu’aux Caraïbes.
  • Une boîte à chaussure était une scène géante pour le concert de mes Playmobils, éclairés par les feux surpuissants d'une lampe de poche.
  • Il ne fallait pas tomber du rebord du trottoir sous peine de se faire dévorer par des crocodiles.
  • Avec trois cageots de fruits, on construisait une maison pour l’été.
  • Un chapeau vous transformait en cowboy ; une branche de noisettier et une ficelle en indien.
  • On buvait du thé imaginaire qu’on faisait chauffer sur le couvercle d’un bidon de lessive.
  • L’ombre de mes vêtements accrochés à un portemanteau prenait la forme d’un croque-mitaine.
  • En appuyant sur la manette des phares de la Talbot Horizon de mon papa, je déclenchais des réacteurs supersoniques qui me conduisaient jusqu’à Neptune.

Aujourd’hui, pour jouer aux corsaires, la ville de Luxembourg a mis à la disposition des forces vives du Grand-Duché des infrastructures à la hauteur du budget municipal, avec un bateau pirate grandeur nature, déposé par la dernière crue de la Pétrusse (à moins que quelques pelleteuses n'aient contribué au miracle). Au milieu du parc de la ville, avenue Monterey, se dresse ainsi, depuis l'été 2005, un trois mâts en teck massif, muni de voiles et de cordages, d'un gouvernail qui tourne comme dans les films, d'un poste de vigie pour surveiller qu’il reste des glaces dans le cabanon à côté, d'échelles de corde, d'une cloche pour sonner l’abordage et de toboggans supersoniques pour s’enfuir avant que le bateau ne coule dans le bac à sable.

Je ne sais pas pourquoi, mais je suis convaincu que les gamins y jouent aussi aux cosmonautes.

12 février 2007

De l'Electricité dans l'Art

A deux semaines de sa fermeture, nous sommes allés visiter l'exposition ON/OFF au Casino Luxembourg, le musée d'art contemporain de la ville. En général, j'aime bien l'art contemporain, même si cela peut paraître un tantinet prétentieux de le dire comme ça. J'aime bien en particulier les adeptes des "installations", parce que cela nous vaut souvent des idées complètement dingues, qui peuvent intéresser tout le monde, même si on n'y connaît rien en histoire de l'art et qu'on n'est pas abonné à Art Press. Ce qui est mon cas. En plus, ces oeuvres, à l'inverse des peintures ou des photographies, ne peuvent vraiment être "vues" que dans leur version originale et passent assez mal l'épreuve de la reproduction. Là, le thème de l'exposition ON/OFF est la lumière électrique associée au mouvement, ce qui est assez prometteur.

De l'extérieur, déjà, on ne peut pas louper la douzaine de boules à facettes, visibles depuis le Boulevard Roosevelt, qui diffusent les particules de lumière une fois la nuit tombée. Idem, de l'autre côté, près de l'entrée du musée, pour l'espèce de tunnel éclairé par des ampoules aux effets de lumière tournante.

Mais le plus intéressant, enfin, je devrais peut-être dire amusant, ce sont les oeuvres de l'intérieur. Par exemple, un interrupteur permet d'éclairer une lampe à Sarrebrück, alors que, dans le musée allemand, un interrupteur similaire permet d'allumer ou éteindre une lampe suspendue au plafond de la salle. L'idée de Tobbias Rehberger est originale mais pas très visuelle : on a eu beau s'acharner sur l'interrupteur et lancer des SOS en morse, aucun visiteur allemand ne nous a répondu. La grande région c'est une bonne idée, mais là on aurait pu mourir électrocutés avant que le samu allemand ne vienne traverser la frontière pour nous sauver.

Dans la pièce à côté, une certaine Ruth Schnell a installé deux tableaux l'un en face de l'autre, un rouge et un vert, fendus d'une série d'une vingtaine de diodes blanches qui clignotent rapidement. Au début, on se dit "mouais" et puis, perplexe, on lit les explications qui signalent qu'on peut voir des mots apparaître en se déplaçant devant les tableaux. C'est un peu comme les stéréogrammes, il a bien fallu cinq minutes à tourner la tête de droite à gauche pour voir furtivement se former une première lettre et un peu plus pour lire un mot en entier, grâce aux étranges effets de la persistance rétinienne.

On a aussi eu droit à des effets de peinture phosphorescente, des faisceaux de lumière colorée dans le brouillard, d'insupportables clignotements stroboscopiques et des enseignes au néon vantant les mérites respectifs de Bob Marley et Marcel Proust ainsi qu'une salle de danse fluorescente où était malheureusement absente la danseuse promise par la petite vidéo explicative. Bref, la visite était plutôt sympa quoiqu'un peu brève (il paraît qu'il y a une suite à la FRAC de Metz et une autre au Saarlandmuseum de Sarrebrück, avec la fameuse ampoule qui a peut-être grillé depuis tout à l'heure).

Le plus surprenant a sans doute été la grande pièce à l'étage où, en entrant, on se fait tout de suite capté par une caméra de reconnaissance qui commande une poursuite lumineuse. Une voix autoritaire vous demande de ne pas bouger et de sortir une pièce d'identité. La détection des mouvements fonctionne très bien (il faut dire qu'on était les seuls dans la pièce, ça serait sans doute un peu plus anarchique un dimanche après midi au centre Pompidou). L'effet est assez flippant et il faut bien une petit pas de danse à la Gene Kelly pour ne pas se sentir vivre à l'époque de Big Brother.

D'ailleurs, l'artiste joue sur ce double effet de la surveillance permanente, qui d'un côté nous prive de nos libertés fondamentales pour des prétextes sécuritaires et, d'un autre côté, flatte notre vanité en nous donnant une certaine importance.

11 février 2007

Hannibal et Marie-Claire

Internet c'est incroyable. Même en vacances en Amérique du Sud, allongé au bord d'une piscine dans un transat confortable avec une caïpirinha bien fraîche, je n'ai jamais fait les tests des magazines féminins (oui, comme tous les hommes, j'adore lire les magazines féminins, surtout les courriers des lecteurs, un peu comme dans les magazines télé, mais c'est une autre histoire).


Là, on est en février à Luxembourg, je suis mal assis sur une petite chaise devant mon PC (garder une position inconfortable devant l'ordinateur est devenu stratégique, histoire d'éviter d'y passer vraiment trop de temps), il doit faire 3° dehors, et je fais quand même un énième test à la con trouvé sur Kopikol. Après les super-héros, l'adultitude, la belgitude, la geekitude, voici le test débile pour savoir à quel héros de cinéma on est sensé ressembler, sur base d'une vingtaine de questions. Le résultat est assez intéressant, c'est pour cela que je me permets de vous en parler malgré l'originalité toute relative de ce genre de message :

Hannibal Lecter : 79%
Indiana Jones : 77%
James Bond : 74%
Jim Levenstein (American Pie) : 74%
Maximus (Gladiator) : 72%
Eric Draven (The Crow) : 70%
Tony Montana (Scarface) : 70%
Néo (Matrix) : 68%
Batman / Bruce Wayne : 68%
Yoda (Star Wars) : 67%
Forrest Gump : 66%
Schrek : 66%

Le côté positif de l'histoire c'est que je ne ressemble pas tant que ça à Forrest Gump ou à Shrek. Le côté un peu décevant c'est de passer seulement à 1 point d'Indiana Jones et 3 de James Bond, ce qui m'aurait permis de me la péter grave à mon prochain dîner en ville avec des aveugles (parce que physiquement, je dois avouer craindre ne pas soutenir la comparaison avec Harrison Ford ou Pierce Brosnan).

La morale de tout cela ? C'est que ça m'apprendra à avoir pris du filet américain chez Oberweis jeudi midi (il est très bon d'ailleurs, je le recommande aux amateurs de viande crue).

10 février 2007

Le plastique c'est pas pratique

Ce matin, Anne a réussi à me motiver pour qu'on fasse "un peu de sport". Un peu fatigué, j'accepte néanmoins, pour lui faire plaisir. Le problème, ce n'est pas seulement de se bouger durant une petite heure le samedi matin, c'est aussi ce qu'il faut que j'enfile avant. Je sais bien, que, de nos jours, pour des raisons élémentaires d'hygiène, il est devenu indispensable de se couvrir. On ne sait jamais les maladies qu'on peut attraper, les microbes ou les petites bestioles qui traînent, même si je prends toujours une douche avant et après. En plus, il paraît que les professionnels les utilisent également pour améliorer leurs performances, donc, dans le principe je suis plutôt pour mais, dans la pratique, comme dire... ça coince !

Je dois triturer le latex pendant 2 ou 3 minutes pour bien le détendre avant de réussir à le mettre. Et après, sans me vanter, je me sens tout serré dedans. Résultat, je transpire, ça colle horriblement à la peau et après j'ai parfois comme des sortes de plaques rouges. Il y a même des fois où ça craque. Dans ce cas, j'ai l'air idiot et je dois me rhabiller pour aller en chercher un autre. Les gens qui en ont une petite s'imagine que c'est bien d'en avoir une grosse, mais je peux vous assurer que non.

Pourquoi est-ce qu'on ne vend pas des tailles adaptées à toutes les morphologies ? Il paraît que ça existe mais je n'en ai jamais trouvé. Peut-être parce que je les achète en grande surface et pas en magasin spécialisé.

En tout cas, ce matin, on fait nos 14 longueurs et mon bonnet de bain a tenu le coup.

08 février 2007

Miss en Veille

Je me suis toujours demandé pourquoi TOUTES les chaînes de télévision proposaient un bulletin météo et AUCUNE un bulletin du loto qui annoncerait les chiffres qui sortiront le lendemain. Il me semble quand même que cela aurait plus de succès. A Luxembourg, c'est pas très grave, on a déjà trop d'argent avec tous nos comptes chez Clearstream, et il fait mauvais tous les jours donc on n'a besoin ni de l'un ni de l'autre.

Par contre, il y quand même un truc vraiment bizarre ici, c'est qu'une chaîne de télé nous diffuse tous les soirs la météo de la veille. Vous direz, au moins, ils sont sûrs de ne pas se tromper. Mais si, car le bulletin a été enregistré la veille, justement. En fait, cette chaîne c'est Be-TV. Que le premier qui a pensé "Ha, c'est une chaîne belge, d'accord, tout s'explique" se flagelle avec sa souris en chantant la Brabançonne : Ce n'est pas une vraie chaîne belge, déjà, c'est la version belge de Canal +, sauf qu'on remplace Lyon-OM par Moucron-Genk, c'est dire si on y gagne au change.

Et, surtout, à 19h tous les soirs de la semaine, on ne passe pas l'excellent "Vrai Journal" du jour, mais celui de la veille. Ne me demandez pas pourquoi, c'est peut-être pour censurer les éventuelles blagues anti-plat-pays ou à cause du décalage horaire avec les Ardennes, en tout cas c'est comme ça. Par contre, les Guignols sont ceux du jour même, diffusés avec 20 minutes de décalage, donc à la fin de l'émission de la veille. Vous n'avez pas compris ? C'est pas grave.

Le résultat de tout cela, c'est qu'on a droit tous les jours à la météo de Louise Bourgoin de la veille qui nous permet de voir si elle s'est trompée pour aujourd'hui (enfin, si on considère que le petit nuage sur la Lorraine est également valable pour Luxembourg). Heureusement que, fidèle à la longue tradition des miss météo de Canal+ (Flavie Flament, Cécile Siméone, Mademoiselle Agnès, Eglantine Emayé, Alexandra Kazan...), cette jeune femme a d'autres atouts que la pertinence de ses prévisions.

Des vrais défauts

Si quelqu'un est avare, rien ne vous oblige à lui faire des cadeaux. Personne ne vous force non plus à supporter des gens colériques ou violents. Ni à croire les menteurs et les hypocrites. C'est pourquoi il me semble que les pires défauts ne sont pas les grands, les évidents, ceux qu'on évite, mais les petits, ceux qu'on supporte, par exemple parce qu'on partage un bureau et que, franchement, ce serait bête de se fâcher pour si peu.
Voici donc ces petites choses que je déteste chez mes congénères en général, et chez mes collègues de travail en particulier. Que les actuels ne se sentent pas particulièrement visés, d'ailleurs, ils n'en ont pas plus que les précédents (ni que moi-même d'ailleurs, mais les défauts c'est comme les pets et les enfants, on supporte plus facilement les siens que ceux des autres).

Voici donc, illustrée par une photo d'une belle entreprise pleine de gens qui se détestent certainement très courtoisement, ma petite sélection des travers que j'abhorre (attention, phrase sans jeu de mots ni contrepèterie malgré les apparences) :

  • Je déteste ceux qui, pendant qu'ils font quelque chose, de temps en temps, lancent un petit «ouais !» et trépignent comme s'ils avaient vécu une extase exceptionnelle... Un peu comme si, en primaire, il y avait une dictée corrigée en plein cours et qu’ils n'avaient pas fait de faute à l’accord d’un passé composé conjugué avec l’auxiliaire avoir. Non, je n'ai pas besoin qu'on me forwarde l'e-mail de félicitations reçu de la direction.
  • Je ne supporte pas les gens qui rient à leurs propres blagues. Dieu merci, je ne travaille pas avec Laurent Ruquier.
  • J'ai horreur de tous ceux qui boivent leur café bruyamment, en appuyant la lèvre supérieure contre le rebord du gobelet en plastique, puis en aspirant le liquide brûlant. Ce bruit de succion me rend fou et ne sert à rien : si c'est trop chaud, on attend. A la limite, on soufle. Mais on n'aspire pas, par pitié.
  • Rien ne m'est plus insupportable que quelqu'un qui siffle du Eddy Mitchell. En général, ça commence par "La fille aux yeux menthe à l'eau" puis on a droit à tout le répertoire, de "la dernière séance" a "Cimetière des éléphants". A tout prendre, je préfère encore la sonnerie polyphonique de GSM sur l'air d'un bon vieux Joe Dassin : ça dure moins longtemps.

07 février 2007

Le Photographe et les Clichés


A part les cerfs bleus à travers la ville, Luxembourg capitale européenne de la culture c'est également l'occasion de voir des expositions de grands photographes. Ainsi, la ville a invité Martin Parr à prendre quelques photos du Grand Duché. Le nom me disait vaguement quelque chose, et il est effectivement considéré comme un des plus grands photographes contemporains. Membre de Magnum depuis 1994 (pas la série avec Tom Selleck, l'agence photo), son travail est assez proche du documentaire décalé, du regard d'un reporter du quotidien sur ses semblables, comme quand il photographie la middle class britanique en train de faire ses courses, de décorer sa maison, de prendre des vacances.
On sent un regard un peu moqueur dans ses images d'un punk avec son gros chien, un Allemand en short qui lit le Bild, les énormes bras d'une femme qu'on imagine de même dimension devant une crême glacée débordant de chantilly, le nerd dont la tête s'encadre précisément dans l'écran de son ordinateur, les plages des anciens pays communistes où les gens se forcent à s'amuser, l'Anglais qui tire la gueule devant la pub souriante d'un supermarché, la femme en tailleur devant les pyramides, la vieille dame qui mord dans son hamburger, le gros plan sur les motifs d'une cravate déjà horribles en eux-mêmes et amplifiés par les dessins d'un pull jacquard. Bref, théoriquement, ça devrait me plaire !
Hé bien j'avoue avoir été un peu déçu par les vues sur Luxembourg, dont certaines étaient reproduites dans le "Rendez-Vous" de février. Peut-être faute de temps ou par manque d'intérêt sur le sujet de la commande, en tout cas, le photographe ne dépasse pas les clichés habituels : un étal de saucisses, un petit vieux qui boit une Bofferding, les ongles manucurés d'une précieuse ridicule en manteau de fourrure tenant sa pochette Louis Vuitton, des lingots dans une banque, les décos horribles devants certaines maisons... bref, pas grand chose de plus subversif qu'un message sur le forum des Frontaliers. Dommage.

06 février 2007

Mots à Mettre à l'Hymne


Jorg m’a fait remarquer une erreur sur l’hymne national luxembourgeois dans la précédente chronique, où je confondais honteusement la «Hammelsmarch» avec le «Ons Heemecht». Du coup, si j’ai corrigé cette faute grossière, il me semble indispensable de l’expier complètement en consacrant une chronique entière à cette œuvre de Michel Lentz, mise en musique par M. Zinnen et qui sert d’hymne au Grand Duché. Cet hymne qui, le gouvernement le fait gentiment remarquer sur son site, choisit de vanter les attraits du Luxembourg plutôt que d’exhorter sa population à lever des étendards sanglants en espérant que des torrents de sang impur viennent abreuver les sillons du pays. Si vous voyez ce que je veux dire.

Pour ne pas m’exposer à de nouvelles erreurs, j’ai repris directement sur le site du gouvernement le texte original, ainsi que sa traduction en Français. Vous pouvez donc adresser directement vos réclamations quant aux fautes d’orthographe ou aux erreurs d’interprétation aux fonctionnaires du pays. Merci.
Voici donc l'oeuvre, et mes commentaires absolument personnels et complètement infondés :

ONS HEEMECHT / NOTRE PARTIE
Déjà, le titre est bien, pour un hymne national, on sait de quoi on va parler. Ca sonne mieux que « God Save the Grand Duc » ou « la Dudelangeaise ».

Wou d'Uelzecht durech d'Wisen zéit, / Où l'Alzette arrose champs et prés,
Oui, ici c’est l’Alzette qui abreuve les sillons, c’est moins expressif que du sang impur mais ça marche mieux pour faire pousser des pommes de terre.

Duerch d'Fielsen d'Sauer brëcht. / La Sûre baigne les rochers ;
Surtout du côté du barrage d’Esch où elle les baigne sous quelques dizaines de mètres de profondeur.

Wou d'Rief laanscht d'Musel dofteg bléit, / Où la Moselle, riante et belle,
Den Himmel Wäin ons mëcht. / Nous fait cadeau du vin
Une Moselle riante et belle qui t’offre un coup à boire, c’est quand même plus sympa qu’un soldat qui mugit dans les campagnes pour venir jusque dans tes bras égorger ton fils et ta compagne. Et encore, on dit pas tout dans la chanson, il y a aussi l’état qui fait cadeau de l’indexation des salaires et Cactus qui offre des timbres pour recevoir des couteaux ou des verres à pied.

Dat as onst Land, fir dat mir géif, / C'est notre pays pour lequel
Heinidden alles won. / Nous risquons tout sur terre,
Enfin, il n’y a pas que des rivières au Grand Duché non plus, il y a un petit peu de terre au milieu. Si vous vous imaginez que ça ressemble à Venise, vous allez être déçus la première fois que vous passerez la frontière.

Ons Heemechtsland, dat mir sou déif / Notr'chère et adorable patrie
An onsen Hierzer dron./ Dont notr'âme est remplie.
Quitte à se mettre un pays entier dans la tête, autant en choisir un de dimensions raisonnables.

O Du do uewen, deem séng Hand / Ô Toi aux cieux qui nuit et jour,
Duurch d'Welt d'Natioune leet. / Diriges les nations du monde ;
Là, au début, on se demande un peu qui est ce « Toi » qui dirige à la fois les USA et le Venezuela, ce « Toi » schizophrène gouvernant à la fois la Chine et le Japon, à la fois au commande de la Corée du Sud et du Nord. Et surtout qui travaille 24h/24 (enfin, dans la version française parce que je ne crois pas que la traduction soit très littérale sur ce coup). Et puis on réfléchit et on se dit que personne ne travaille nuit et jour au Luxembourg, même pas les avocats, et que donc l'auteur en appelle certainement à l'Etre suprême, l'Esprit des nations, la grande Immanence, le Seul Plus Grand que le Grand Duc. Suivez mon regard.

Behitt Du d'Lëtzebuerger Land / Écarte du pays de Luxembourg
Vru friemem Joch a Leed ! / L'oppression étrangère
Genre, envoie-la sur la France, sur la Belgique ou sur l’Allemagne si tu veux, mais pas chez nous, merci. Par contre, si tu connais des étrangers qui ont quelques économies à placer, tu peux leur proposer de venir faire un tour à la Spuerkess, on verra ce qu'on peut peut faire.

Du hues ons all als Kanner schon / Enfants nous avons reçu de Toi
de fräie Geescht jo gin. / L'esprit de la liberté.
Tu veux dire la liberté, liberté chérie qui combat avec tes défenseurs et soutient tes bras vengeurs ?

Looss viru blénken d'Fräiheetssonn / Permets au soleil de liberté
déi mir sou laang gesin./ De luire à tout jamais.
Ha, non, plutôt la liberté qui fait bronzer quand tu pars en vacances. La liberté de faire ce que tu veux loin de ton chef et de ton armoire pleine de costumes. Et pour le soleil du ciel, qu'il luise à tout jamais, on peut demander aussi ?

05 février 2007

Quand la Musique étonne

Dans le monde entier, on trouve des adeptes de musique expérimentale, histoire d'aller un peu plus loin que le Petit Bonhomme en Mousse ou que la Nouvelle Star.

Les Américains ont Steve Reich et les joies de la musique répétitive et du minimalisme, de morceaux composés à partir d’enregistrements de bruits des villes.
Les Français ont Pierre Henry, le pape de la musique concrète, qui réalise des concertos pour une porte et soupir, et mélange les sonorités du quotidien à des expérimentations électroniques.
Les Anglais ont Aphex Twin qui bidouille des synthétiseurs à partir de n’importe quoi.
Les Hongrois ont Ligeti et son poème symphonique pour 100 métronomes ou, plus connu et plus accessible, le thème au piano assez stressant de « Eyes wide shut » de Kubrick.
Les Allemands ont Stockhausen et ses musiciens enregistrés dans un hélicoptère, ou Lali Puna, qui est vachement plus commercial mais n’est quand même pas près de remporter des NRJ Music Awards. Sans parler de Kraftwerk, évidemment.

Et au Grand Duché, y a-t-il une vie musicale après les fanfares de la place d'Armes, les cover bands qui écument les bals de village en reprenant les succès du moment, et l'orchestre philharmonique du Luxembourg ? Hé bien oui, les Luxembourgeois ont Cyberpiper qui reprend le Hämmelsmarch (l’ancien hymne national du pays) avec sa cornemuse électronique et son déguisement de X-or. Ca fait un peu penser au fruit des amours contre nature entre Yvette Horner et Laurent Garnier, habillé par le costumier de Daft Punk. Niveau charte graphique, comme niveau musical, ça donne un résultat qui laisse un peu perplexe, malgré le succès apparent (en fait, j'ai découvert cela par un grand article dans La Voix, le quotidien national en Français).


Mais, bon, l'objectif de ce monsieur semble être assez éloigné des expérimentations artistiques citées au début de cette chronique. Et puis, le côté positif de tout cela, c'est que si votre voisin vous rend fou en jouant "la lettre à Elise" tous les soirs sur son piano, ou "Smoke on the Water" sur sa guitare électrique, vous pouvez toujours vous consoler en pensant à ses voisins à lui.

01 février 2007

Bus et Abus


Je ne sais pas si on peut lire l'avenir d'une ville dans ses lignes de transports en commun, mais il y a, en tout cas, quelques particularités à connaître avec les bus à Luxembourg :
  • Les bus ne sont jamais en retard. Ainsi, à 8h40 ce n'est jamais celui de 8h20 qui arrive avec 20 minutes de retard, c'est celui de 8h30 qui a 10 minutes d'avance.
  • Tout bus rempli à ras bord est forcément suivi d'un second bus de la même ligne à moitié vide. Rien ne précise par contre si le second va arriver très en avance ou encore plus avance (il arrive que le bus de 8h30 du jeudi arrive à 9h10 le mercredi tellement il est en avance).
  • De toute façon, les bus sont beaucoup trop petits pour absorber les flux de voyageurs entre 8h et 9h, ainsi qu'entre 17h et 18h, et dix fois trop grands le reste de la journée. Tant que les banques ne travaillent pas en 3x8 et que les bureaux sont construits à l'intérieur de la ville et les logements à sa périphérie, le mouvement n'est pas prêt de s'inverser. Cela permet d'homogénéiser le trafic aux alentours de la gare, qui ressemble tout au long de la journée à un grand embouteillage, alternativement constitué de bus pleins et de bus vides selon les heures du jour.
  • Une fois dans le bus, il ne faut pas parler au conducteur, parce que ça l'empêche de comprendre ce que lui dit sa femme sur son téléphone portable.
  • Il faut déposer les pièces dans la petite coupelle en plastique et PAS dans la main du chauffeur, celui-ci ne disposant que d'une seule main libre pour vous rendre la monnaie et vous donner le ticket (on rappelle que l'autre tient un GSM).
  • Il faut TOUJOURS monter par la porte de devant, ce qui permet au conducteur de bien voir votre mine défaite lorsqu'il démarre pile sous votre nez après un sprint de 300 mètres pour tenter vainement de l'attraper.
  • La tarification est un modèle de simplicité : le billet à l'unité coute 1,20 € acheté dans un bus et 0,92 € acheté en carnet (à la poste ou à la gare par exemple). Les personnes de plus de 65 ans peuvent bénéficier d'un tarif réduit. Tout trajet en bus est gratuit pour les enfants de moins de 6 ans, réduit pour les enfants de moins de 12 ans, gratuit pour les employés de la Commission Européenne, les invalides et les personnes à faibles revenus. C'est également réduit pour les familles nombreuses. Le propriétaire d'un chien doit acquitter le prix d'une place pour son animal de compagnie. Il y a des abonnements à la journée, au mois (du 1° au 30 ou d'une date à la même du mois suivant) pour une ligne donnée, au mois entre deux secteurs de la ville avec n'importe quelle ligne, au mois pour tout le pays, à l'année pour les moins de 20 ans, au mois pour les familles nombreuses, et les tarifs sont encore un peu plus réduits si vous achetez tous vos abonnements pour l'année... Fermez vos cahiers, prenez une feuille et un stylo, interrogation écrite.

Bon, c'est un peu caricatural, il y a aussi des chauffeurs de bus sympas, qui arrivent à l'heure, qui conduisent prudemment dans les voies à contre-sens pour éviter d'écraser les piétons étourdis, qui ne déboitent pas sous le nez des voitures sans mettre leur clignotant sous prétexte qu'ils sont prioritaires, qui attendent la mère de famille avec sa poussette, qui vous disent "Moïen" et qui discutent avec vous pendant tout le trajet même si c'est interdit. Je me souviens notamment d'un chauffeur de la ligne 6, que j'empruntais souvent à mon arrivée ici, et qui me racontait que, dans sa jeunesse, il avait voulu être boucher mais que les médecins avaient jugé que ce n'était pas un métier pour lui parce qu'il était bien trop nerveux ! Je n'en ai pas trouvé qui tenait de blog, mais, à Bruxelles, il y en a un paquet qui racontent leurs petites histoires et leur vision de l'autre côté du miroir (ou du volant)...